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Désir de comprendre

Lu pour vous : La fronde de Sidi Bouzid contre le pouvoir islamiste

 

La réponse des habitants de Sidi Bouzid à la répression policière jeudi peut rappeler certains épisodes de la révolution tunisienne, les tirs à balles réelles sur les manifestants en moins. Jeudi midi, à l'appel de plusieurs partis d'opposition, une centaine de manifestants a fait part de sa colère au gouverneur de la ville, représentant d'un pouvoir en place (une coalition dirigée par les islamistes d'Ennahdha, NDLR), qu'ils accusent de n'avoir rien fait depuis la révolution pour améliorer la situation sociale. «Où sont les droits de Sidi Bouzid? Où sont les droits des martyrs?», scandaient les manifestants qui ont tenté de franchir les grilles du gouvernorat, devant lequel s'était immolé Mohammed Bouazizi le 17 décembre 2010. Les forces de l'ordre ont dû faire usage de gaz lacrymogènes, de tirs de sommation et de balles en caoutchouc pour les disperser.

Un homme d'une vingtaine d'années a été touché à l'aine, quatre autres personnes importunées par les gaz, alors que plusieurs manifestants ont été interpellés. La réaction des citoyens n'a pas tardé: le soir même, tard, des habitants, 800 selon l'AFP, ont protesté contre l'attitude des forces de l'ordre, jetant des pierres sur les policiers qui ont dû ressortir les gaz et les balles en caoutchouc.

Dans cette ville où Ennahdha a réalisé l'un de ses plus mauvais scores aux élections d'octobre en Tunisie, les partis d'opposition (Parti républicain, Parti des travailleurs tunisiens…) se plaignent du peu de développement par les autorités. «Les revendications deviennent de plus en plus insistantes. Le gouvernement n'est pas au service du peuple», déplore Mohammed Ghadri du Parti républicain à Sidi Bouzid. Les coupures d'eau et d'électricité à répétition ou le chômage qui n'est pas endigué font dire à certains, à Sidi Bouzid, que les conditions sociales étaient meilleures sous Ben Ali. Déjà fin juillet, les bureaux d'Ennahdha y avaient été attaqués par des ouvriers municipaux saisonniers, en attente de leur paye. «C'est une ville, explique auFigaro le politologue Omeyya Seddik, qui considère avoir beaucoup payé pour la chute de l'ancien régime et qui estime que le retour n'est pas satisfaisant.» «Une attention plus particulière vers ces régions d'où est partie la révolution aurait pu apaiser les tensions, complète Salma Mabrouk, députée à l'Assemblée nationale constituante et membre du parti de coalition Ettakatol. Je comprends cette colère quand, au bout d'un an et demi, rien n'a changé.»

Jeudi soir, le ministre de l'Intérieur Ali Larayedh (Ennahdha) a accusé l'opposition d'être derrière les protestations de Sidi Bouzid. «De telles pratiques, craint-il, vont conduire à l'établissement d'une démocratie fragile.» Ennahdha subit ces derniers temps des attaques de toutes parts. Sont dénoncées une incapacité à gouverner, une attitude électoraliste à sept mois du prochain scrutin ou encore une tentative de faire glisser la Tunisie vers un régime islamique. Rached Ghannouchi, son leader, a dû se fendre d'un communiqué lundi 6 août pour dénoncer les attaques des médias et la multiplication des appels à la grève. Hier, la puissante Union générale des travailleurs tunisiens a annoncé un débrayage général à Sidi Bouzid ce mardi 14 août.

Par Cavaillès, Thibaut | LeFigaro.fr

Lien : http://www.lefigaro.fr/international/2012/08/10/01003-20120810ARTFIG00555-la-fronde-de-sidi-bouzid-contre-le-pouvoir-islamiste.php

 

Rapport du Fonds Monétaire International sur la situation économique de la Tunisie en 2012

 

 

Suite à leur visite effectuée en Tunisie au courant du mois de Mai 2012, les experts du FMI ont publié leur rapport sur la situation économique de la Tunisie durant l'année 2012 dont voici une copie rendue publique par la présidence du gouvernement :

الجمهورية التونسية

رئاسة الحكومة

مصالح المستشار الاعلامي

تونس في 04 اوت 2012

تقرير صندوق النقد الدولي

حول الوضع الاقتصادي بتونس خلال سنة 2012

اجتمع مجلس ادارة الصندوق النقد الدولي يوم 25 جويلية 2012 لمناقشة التقرير الذي اعده خبراءه بعد زيارتهم لتونس خلال شهر ماي 2012 وتناول التقرير 3 محاور:

المحور الاول : اعادة توازن السياسة الاقتصادية لدعم النمو الاقتصادي على المدى القصير مع ضمان الاستقرار الكلي

1. يدعم الصندوق السياسة التوسعية التي اتخذتها الحكومة في اطار قانون المالية التكميلي لسنة 2012 ويعتبر ان هذه السياسة المالية سيكون لها الاثر الايجابي على تنشيط الحركة الاقتصادية بما يوازي اضافة 1 % من نسبة التنمية مقارنة بقانون المالية لسنة 2011.

2. يدعو الحكومة لتجاوز عوائق قدرة الانجاز وان يسرّع في انجاز برنامج الاستثمار العمومي الطموحة مع اتخاذ تدابير لضبط المصاريف الجارية هو مفتاح النمو الاقتصادي

3. قام صندوق النقد الدولي بالرفع من تقديراته لنسبة النمو لتبلغ %2.7 مقارنة بـ2.2% في السابق وهو ما يقربه من تقديرات الاولية للحكومة

4. دعى صندوق النقد الدولي الى اصلاح منظومة الدعم مما يمكن من تقليص عجز الميزانية وتوجيه للفئات المستحقة.

المحور الثاني : الاجراءات العاجلة لإصلاح النظام المالي

1. دعى صندوق النقد الدولي الى اعادة التوازن بين السياسات المالية والنقدية لدعم النمو الاقتصادي على المدى القصير والمحافظة على الاستقرار الاقتصادي من خلال مواصلة الحكومة في سياستها المالية والجبائية التوسعية الموجهة للاستثمار العمومي بينما الساسة تتحول السياسة النقدية تدريجيا من سياسة توسعية انكماشية للحدّ من التضخم.

2. يدعو صندوق النقد الدولي الى ترشيد السياسة النقدية ودعم المزيد من التنسيق بين السياسة المالية والسياسة النقدية من خلال ايجاد اطار مؤسساتي لصياغة السياسة النقدية التي تشكو حسب التقرير من نقائص هامة خاصة منها بالخصوص اتخاذ قرارات من طرف مجلس ادارة البنك المركزي لضبط نسب الفائدة بالاعتماد على مؤشرات عامة وغير مواكبة .

3. يدعو صندوق النقد الدولي الى مراجعة قانونه الاساسي بما يؤدي الى اطار اجدى لاستقلاليته ومحاسبته .

4. اكد صندوق النقد الدولي ان الخطوات السابقة غير كافية وبطيئة لتعصير وتدعيم النظام البنكي اضافة الى ان المراقبة البنكية لم تكن متطورة بشكل كافي وهي دون المعايير المعتمدة. ويؤكد على ضرورة تناول مشاكل النظام البنكي بخصوص رأسملة البنوك وتوفير السيولة .

المحور الثالث : التوصل لنمو اسرع واكثر اندماج لمقاومة البطالة

1. يعتبر التقرير ان اهم تحدّي على المدى المتوسط الذي يجب معالجته هما البطالة خصوصا بين الشباب والتفاوت الاقتصادي بين الجهات.

2. يعتبر صندوق النقد الدولي ان التوصل الى نسبة نمو في حدود 6 ممكن ويستوجب انجاز الاصلاحات الهيكلية المبرمجة من طرف الحكومة لدعم الاستثمار الخاص وتوفير التمويل الخارجي الكافي سنويا والمقدر بـ5000 مليون دولار بما في ذلك الاستثمار الخارجي المباشر، المحافظة على الاستقرار الاقتصادي، تحسين الحوكمة ومناخ الاعمال للشركات، اصلاح سوق الشغل والنظام التربوي واصلاح النظام البنكي.



 

LA RÉVOLUTION TUNISIENNE EST-ELLE UN LEURRE ?!

 

 

Déjà le 28 janvier 1011, dans un article publié ailleurs, j'avais émis des interrogations quant au devenir de cette « Révolution tunisienne » et j’avais posé la question : "Peut-on édifier une Démocratie en Tunisie avec les Islamistes ?"

J'avais expliqué (et l'actualité me donne raison) que sauf miracle, ces ennemis de la Liberté ne pourront jamais instituer l'opposé de leur référent théocratique et s'ils donnent l'impression d'y participer, c'est seulement par stratégie, dans le seul but d’usurper le Pouvoir et de s'y installer... ce qui nous obligerait à les chasser dans le sang !!!

Personne ne soutenait ma théorie car pessimiste pour les uns ou irrationnelle pour les autres... "La Tunisie réussira son changement démocratique" m'a dit un grand Leader de l'opposition, "les islamistes ont changé et ils y participeront activement au processus démocratique, faites-moi confiance, je les connais très bien, d'ailleurs au Pacte du 18 janvier, ils s'y sont clairement engagés"...!?
Finalement mon constat est que ce Leader (la plupart des chefs de l'opposition actuelle aussi) sont de véritables Militants mais de piètres Politiciens (sans vision ni stratégie)... Cherchant une place de 1er rang, ils ont composé avec des ténébreux pour se voir dupés par les compagnons du 18 janvier (!?)

Démocratie est-elle enivrante ou l'Avidité et l'Ego l'ont-ils emporté ?!

Y-a-t-il eu vraiment une Révolution ?!... ou c’est juste l'esprit des martyrs qui a voulu révéler la réalité des uns et des autres ?!...

Nos éminents démocrates nous ont targué par des élections et ont jeté la Tunisie dans l'étau d'une Théocratie (prévisible même par le dernier des crétins !)... et ils continuent encore la dance avec les loups (islamistes) dans l'espoir d'une part du gâteau d’un pouvoir qui ne leur reviendra jamais (sans une soumission totale)...

A une machine Nahdhaouie broyant tout, la parlote de l'opposition ne fait pas le poids !?... Une machine doit se mettre en place pour sauver la Tunisie...

Nida Tounès semble être le mieux loti pour cette mission patriotique. Ses dirigeants doivent être rassembleurs sans aucune exclusion et surtout ratisser large pour s'assurer un maximum d'adhérents et de sympathisants... La politique "gagnant-gagnant" ne se fait pas avec des souhaits mais nécessite une stratégie et de l'action sur le terrain : donc une vraie machine ...

A bon entendeur salut !

Moussaddak Besbès

(Source: tunivisions.net)

 

La Tunisie une semaine de tragi-comédie ! Qu’est-ce qui l’attend après ?

 

On aura presque tout vu, ou revu, en cette semaine qui va de la clôture de l’exposition du Palais de la Abdellia, dimanche 10 juin, à la conférence de presse de Béji Caïd Essebsi, samedi 15 juin, pour présenter la configuration pratique décidée pour son appel du 26 janvier 2012, « l’Appel de la Tunisie ». Ce dernier événement paraît sans rapport avec le fil(m) des événements quasi-surréels de la semaine ; mais il était bel et bien en arrière-fond de certains propos et de certaines allusions.

En gros, les amers les plus brillants de ce feuilleton sur fond de contradiction entre l’art et la religion sont les suivants : une attaque « salafiste » des lieux de l’exposition ; une campagne sur les réseaux sociaux d’accusations réciproques ; une violence presque généralisée dans le pays ; une attitude légaliste du gouvernement Ennahdha (car pratiquement aucun parti de la troïka ne s’est vraiment mobilisé, à cette occasion et le communiqué [du porte-parole] de la présidence, dit « communiqué des trois présidence », pour théâtraliser la cohésion entre les partenaires après la rumeur qui a circulé sur leurs conflits internes) ; une mobilisation coordonnée pour une manifestation islamiste ; l’interdiction de cette initiative et l’attitude non moins légaliste de ses auteurs, par conscience patriotique ; et, cerise sur le gâteaux, un carnaval médiatique où de nouvelles coalitions paraissent se dessiner à l’horizon, et où de nouvelles stratégies semblent se construire pour les prochaines échéances électorales.

Sans doute est-ce pour cela que des acteurs de la société civile et certains observateurs moins impliqués ont crié au montage et à la fabrication, souvent faussaires, de certains arguments et de certaines accusations. Car l’évolution des choses le long de cette dernière semaine a bel et bien l’aspect d’une pièce de théâtre tragi-comique dont le message à communiquer et les objectifs à atteindre ne sont pas toujours ceux qu’on avoue, et dont les maîtres d’œuvre ne sont pas toujours ni forcément les acteurs visibles ni les voix audibles.

Cependant, ce qui est à retenir, pour certaines gens, des drames et des douleurs qui ont serré les cœurs de la plupart des Tunisiens cette semaine, ce sont les remarques suivantes :

1 – D’aucuns pensent qu’il serait naïf de croire à un divorce stratégique absolu entre l’extrême droite et l’extrême gauche, même si leurs modèles de société respectifs sont absolument contradictoires ; car pour eux, ce qui est d’abord à combattre (de façon isolée ou associée), c’est l’idée d’un centrisme démocrate et sincèrement pluraliste. Dès lors, la démocratie risque de n’être pour eux qu’un passage obligé, imposé par l’Histoire comme unique voie de légitimation du pouvoir convoité ; une fois ce pouvoir acquis de façon « non transitoire », le temps aidant et une certaine lassitude populaire accompagnée d’un affaiblissement progressif des instances de la société civile, les choses pourraient se réorganiser autrement, en adéquation avec les inaliénables fondements et principes de l’idéologie des gouvernants en place.

2 – Pour d’autres, il est clair que le bloc islamiste est vraiment structuré en tant que tel et que toute dissension qui paraisse entre eux est un simple fait de circonstance qui finit par avoir un effet de stratégie concertée ou convenue de façon tacite ; car pour cette mouvante politico-religieuse, l’inadéquation fondamentale qu’il est difficile de souffrir, c’est un mariage heureux entre leur foi, vécue comme une conviction individuelle capable de rassembler des ensembles autour de valeurs humaines partagées, et leur discipline à une pratique politique orientée vers une société moderniste commandée par la logique de la différence et du progrès. Pourtant, il n’y a aucun doute sur la possible (et la nécessaire) adaptation de l’Islam avec ces valeurs modernistes ; mais il y a lieu de croire que cette mouvance est davantage d’obédience politique, avec les outils de la religion (ce qui peut paraître contradictoire du point de vue de la gouvernance civile), que de motivation vraiment religieuse cherchant à donner à cette noble religion son vrai visage d’humanité qui pourrait lui valoir l’adhésion ou au moins le soutien de la majeure partie des populations intelligentes.

Peut-être est-ce de ce point de vue qu’il faudrait comprendre qu’Emna Mnif qualifie de « mise en scène », l’appel à une manifestation ou un rassemblement de « défense de l’Islam » vendredi 15 juin et son annulation après interdiction du ministère de l’Intérieur. Ce serait une manière de redonner au gouvernement un peu de crédibilité quant à la maîtrise des situations difficiles ? Tant mieux, dirions-nous, si cela peut remettre la machine en marche paisible, grâce à une petite paix sociale au moins, vers le redressement économique et vers la consolidation du processus de transition démocratique.

3 -  Pour d’autres enfin, la Tunisie n’est vraiment pas au meilleur de son fonctionnement et, au lieu de reconnaître l’état de fait et de regrouper toutes les forces vives pour une implication effective et franche dans le redressement de la situation, il y a une certaine obsession à voir le complot et les ennemis partout, dans un réflexe d’auto-défense qui tourne à la fébrilité excessive. Ces gens appellent à un dépassement des complexes des uns et des autres et des animosités des uns contre les autres pour n’avoir d’yeux que pour l’intérêt de la Tunisie, toute la Tunisie, pour tous les Tunisiens. Pourquoi donc ne pas les écouter, les associer et à leur tête l’UGTT et les composantes de la société civile, les partis politiques qui voudraient s’y joindre aussi ?

Pour tout dire, il n’est plus temps de rester fixé sur les seuls calculs liés au jeu politique, car si par malheur la transition démocratique échouait, c’est tout le monde qui en serait responsable et qui en subirait les frais. Il est plutôt temps de comprendre qu’il n’y a pas de sagesse politique sans une politique de la sagesse, tout le reste est déraison et n’a rien à voir avec la politique ni avec la sagesse. A croire que c’est une certaine forme de trahison !

Mansour M’henni

(Source: jawharafm.net)

 

Non Monsieur Ghannouchi : le paragouvernemental tue le gouvernemental

 

Un jour, j’ai écouté sur les ondes d’une station radio que les « forces paragouvernementales » (Qoua Chebh Houkoumia) avaient tué 29 personnes au nord de la Libye. J’ai prié Dieu pour qu’il épargne la Tunisie de ce genre de forces parallèles qui finissent toujours par tuer l’Etat, en l’affaiblissant toujours davantage, et qui ne peuvent servir qu’une oligarchie particulière et ses intérêts spécifiques, quels que soient le développement idéologique et les discours de manipulation qui accompagnent leurs actes.

La Tunisie a failli se laisser prendre à ce piège, les premières semaines de 2011, justement par la faiblesse criante du gouvernement et par une déstabilisation des forces de l’ordre. Heureusement, la tradition civile du peuple et de l’Etat tunisiens a fini par prendre le dessus et, l’administration tunisienne aidant, par redresser relativement la barre de la gestion organisée et réglementaire des choses de l’Etat et des affaires des citoyens, malgré certaines insuffisances qui perdurent et qui ont conduit à la crise actuelle par un fâcheux concours des différents tiraillements politiques, insensibles aux justes revendications citoyennes.

Or voilà que le président d’Ennahdha, Cheikh Rached Ghannouchi, relance cette forme bâtarde de la gestion de la sûreté nationale en appelant, dans sa conférence de presse du 13 juin, à la reconstitution des comités de quartiers « pour apporter leur renfort aux forces de l’ordre dans la préservation des biens et personnes et la protection de la révolution ».

Souvenez-vous, M. Channouchi, qu’en 2011, très tôt les forces de l’ordre avaient tiré la sonnette d’alarme, soulignant que l’ordre ne pouvait être tenu que par ceux qui en sont responsables. Quant au rôle du citoyen, il consiste d’abord à se conformer soi-même aux règles du respect (respect de l’ordre, respect de l’Autre) et, autant que faire se peut, à sensibiliser les autres aux bienfaits des mêmes règles du respect.

De fait, il est très rare de percevoir dans votre discours, M. Channouchi, un vrai sens de l’Etat : il n’y a qu’un souci partisan que l’on ne saurait vous reprocher tant qu’il est présenté comme tel. Mais que vous vouliez en faire un discours de politique étatique, cela est contraire tout autant à l’esprit d’une coalition gouvernementale qu’au sens même du fonctionnement d’un Etat qui se voudrait celui de tous les Tunisiens et non celui des partisans d’Ennahdha.

De ce point de vue, votre appel à un rassemblement vendredi 15, à partir d’une mosquée (la mosquée continuant de fonctionner pour vous personnellement comme une tribune politique), est un appel partisan qui s’inscrit dans une logique spécifiquement islamique, au mépris de tous les musulmans qui ne le sont pas. Il est peut-être temps de ramener le jour du vendredi à son vrai statut de jour de prière, pour tous les Musulmans, et de le laisser loin des tensions, des dissensions et des distensions politiques.

Le comble de ce manquement de respect à l’unité de tous les Tunisiens, sans ségrégation aucune, c’est votre diabolisation tantôt de l’extrême gauche, tantôt de toute la gauche progressiste et moderniste et le plus souvent des RCDistes qui n’existent plus que dans vos rangs et dans certaines têtes réfléchissant davantage par les colères du passé que par le calme de l’avenir ; car les anciens RCD, propres et patriotes, hier comme aujourd’hui et demain encore, ont tiré la leçon de l’histoire, ont changé d’état d’esprit, ont tourné la page du RCD et s’appliquent à servir de nouveau leur pays comme ils peuvent. Or cette diabolisation dans tous les sens (portant rarement sur les salafistes que vous appelez souvent à comprendre, ce qui serait une bonne chose si vous appeliez à comprendre tous les Tunisiens) contredit votre appel à l’union nationale. En effet, celle-ci concerne tous les Tunisiens, sinon elle est fausse et non avenue et se réduit alors à un simple discours de manipulation longtemps utilisé, jusqu’à l’abus, par vos prédécesseurs. De quelle unité parlez-vous si vous en excluez une part importante de la société ?

Vous prétendez avoir changé d’état d’esprit et tiré les leçons de vos erreurs du passé et de votre méconnaissance ancienne de la réalité du peuple tunisien. Je veux bien vous croire même si autour de moi plusieurs voix s’élèvent pour affirmer que vous, personnellement (en comparaison d’une nouvelle génération nahdhaoui apparemment bien inscrite dans la rationalité de l’Histoire et l’exigence du réel), vous ne changerez jamais. Personnellement, je pense qu’il n’y a que les idiots pour ne pas changer et je vous tiens pour quelqu’un d’intelligent. Donnez donc la preuve, par le discours et par l’acte, que vous comprenez le changement.

Sachez donc, Monsieur, que de ce point de vue, l’intelligence et le respect vous imposent de n’accuser personne sans des preuves irréfutables de sa culpabilité ; auquel cas, l’accusation ne peut alors relever que de la justice. Et c’est seulement quand celle-ci décide de cette culpabilité (qui ne peut nullement être celle d’une ancienne appartenance partisane, fût-elle au RCD) que vous pouvez en faire un usage politique, si nécessaire.

Entre adversaires politiques, Monsieur, la course se fait à coups de programmes et de réalisations et le peuple tunisien a vraiment soif d’une démocratie authentique qu’il voit si bien fonctionner chez les autres, qui ne sont pourtant ni plus intelligents ni plus patriotes. Il a longtemps vécu frustré de ce rêve et, malgré qu’il en ait, il y a largement contribué, dans sa quasi-totalité. Maintenant qu’il s’est réveillé au besoin et à la nécessité de la démocratie, je doute qu’il se laisse encore berner par un quelconque discours de manipulation, même si ce discours vient d’une si vieille personne (vieillesse n’est pas défaut), car pour les Tunisiens authentiques, autant la jeunesse est fondatrice, autant la vieillesse est de prestance et de sagesse, non de mort politique comme a dit un des vôtres !

Mansour M’henni

(Source: tunivisions.net)

 

LETTRE DE BOURGUIBA ADRESSEE A SALAH BEN-YOUSSEF LE 25 MAI 1951

 



CHER SI SALAH
Je reprends ma conversation. Je n'ai pas voulu poster cette lettre hier. J'ai préféré attendre le départ d'un ami pour la lui confier
Je me suis longuement étendu sur le problème zitounien parce que j'estime qu'il dépasse notre vieux différend avec les " archéos ". C'est un problème qui est en train d'évoluer vers une direction dangereuse, un problème dont les éléments ne sont déjà plus ceux d'avril 1950, un problème qui se pose, au surplus, avec plus d'acuité dans tous les pays musulmans arrivés à l'indépendance.
Il ne faut pas s'y tromper : à côté et au-dessus du différend initial sur les réformes de l'enseignement zitounien, il y a - chez les chefs, chez les pontifes - la conscience nette du danger que constituerait pour eux l'accession au pouvoir des leaders du Néo-Destour, de formation occidentale et de mentalité progressiste.
Je vous raconterai toutes les difficultés qu'éprouvent les gouvernements des pays musulmans que j'ai visités, à résister à l'opposition insidieuse des exaltés de l'Islam, à mentalité zitounienne, qui sévissent dans ces pays et résistent à cette adaptation de l'Islam aux nécessités de la vie internationale moderne (Ikhwan el-muslimin au Moyen-Orient, Djamaâ el-Islam, au Pakistan, opposé à la Ligue musulmane présidée par Liakat Ali Khan, Dar-ul-Islam, tenant encore le maquis en Indonésie, Fidayn el-Islam en Iran etc…)
J'ai assez longuement développé cette question dans mon interview à la " République Algérienne " dont je vous ai envoyé une copie pour être publiée dans " Mission ".
Le danger en Tunisie, c'est qu'en se posant à nous avant notre libération, avant la reconquête de notre souveraineté, ce problème risque de diviser prématurément le peuple en deux factions irréductibles, ce qui aurait pour résultat de retarder (notre libération)…
Peut-être qu'une garde zitounienne destinée à faire pièce à la " Voix de l'étudiant zitounien " est une bonne chose, à flatter même leurs ambitions, à dissiper leurs inquiétudes, à empêcher à tout prix que l'antagonisme ne dégénère en une guerre inexpiable qui ne fera l'affaire que du colonialisme…
C'est pourquoi il convient, tant que nous n'avons pas fini avec notre principal adversaire, de ménager les zitouniens en vue de les gagner, de faire preuve de patience et de sang-froid avec les chefs, de maintenir surtout le contact avec les étudiants, en grande majorité de bonne foi, de façon à les empêcher de devenir les troupes de choc d'un quarteron d'intrigants, d'ambitieux ou de fanatiques qui au fond d'eux-mêmes préfèrent encore la domination française qui leur garantit un certain prestige à l'indépendance nationale avec le Néo-Destour.
C'est pourquoi pressentant dès 1949 (à mon retour du Caire) la gravité de ce problème, j'ai essayé de neutraliser, voire de conquérir Fadhel Ben Achour (en exploitant le respect qu'il avait pour moi personnellement), en vue de priver le clan religieux de la seule tête pensante et agissante qu'il possède en Tunisie.
Je me demande s'il ne sera pas trop tard à mon retour en Tunisie pour reprendre cette tentative, maintenant que le sang a coulé entre nous et que les positions se sont durcies de part et d'autre. Ce serait réellement dommage
Le même problème, le même antagonisme, se pose, je le répète en Egypte, en Syrie, au Pakistan, en Indonésie, mais il y est moins redoutable parce que le pouvoir dans ces pays est entre les mains de progressistes qui se rendent compte que seule une adaptation de l'Etat musulman aux nécessités de la vie internationale et du monde moderne est en mesure de garantir la survie, le développement et le progrès du monde musulman et, partant, de l'Islam.
J'ai eu de longues conversations à ce sujet avec Slaheddine Pacha, Liaquet Ali Khan, Soekarno et aussi avec les leaders des clans adverses
Tâchez donc de faire un effort pour voir ce problème de haut, de très haut, de dominer la voix du sentiment, d'obtenir surtout que nos militants réalisent le danger mortel que constituerait pour nous, en cette période difficile, où nous sommes si vulnérables, une lutte inexpiable sur deux fronts, le bénéfice et les possibilités qu'une telle lutte offrirait à la France colonialiste pour perpétuer sa domination Je suis sûr que si vous arrivez à regarder ce problème de cette altitude, la solution n'est pas difficile à trouver. J'en ai fini. Je vous envoie, à tous, mes sentiments les plus affectueux.
Habib Bourguiba


 

Croc de Mandok : Sophismes mathématiques pour notre président


Mon fils qui n’a rien d’un génie mathématique ni d’un philosophe politique m’a dit dernièrement : « Mon père ! On nous parle souvent de ces élections bidon qui donnent des présidents à 99,90 % qui finissent par ne signifier que le pourcentage de bêtise ou de désintéressement des votants. Mais nos dernières élections en Tunisie, ne sont-elles pas censées traduire notre conscience retrouvée et notre intelligence renouvelée ? Si c’est le cas, j’ai fait un petit calcul qui m’a laissé dans baba : car avec 7000 voix sur un corps électoral de 7 millions d’électeurs potentiels (par défaut), notre président n’a été élu qu’à 0,1%, juste ce qui manquait aux anciens pour avoir 100 % !

En définitive, ce (0,..) dont est crédité notre président est-ce le taux de notre nouvelle intelligence ou le complément de notre totale ignorance ou de notre impardonnable indifférence ? »

--Tu sais, mon fils, dis-je ! Ne sois pas étonné que ce 0,1 se transforme en 99,90, à en croire les sondages qui, à coups de cravache (au sens figuré), conduisent déjà la calèche du président.

Mandok

 

Croc de Mandok : Les mots des éboueurs nettoient-ils les quartiers ?


Hier, j’écoutais avec force délectation et franche satisfaction les mots mielleux d’un président de municipalité vantant toutes les propretés qui soudain étaient venues s’installer dans nos quartiers, rendant la vie dure aux moustiques et aux maladies, et dans nos esprits donnant ainsi un bon coup de balai aux dessous-de-table et autres pratiques inouïs.

Le monsieur parlait à la radio et la voiture roulait dans les rues et les quartiers comme pour donner la preuve que les mots du monsieur étaient on ne (n’en) peut plus censés. Partout les conteneurs regorgeaient des sacs en plastiques éventrés comme de vieilles commères en mal de liberté. Partout les débris du jardinage et les déchets des constructions nocturnes (car anarchiques et  irrégulières) se lassaient d’avoir trop attendu qu’on veuille bien leur trouver un logis ou même une allumette qui y mettrait le feu, à la mode de chez nous dont on exporte déjà la marque déposée. Partout les briques rouges qui ont décoloré le paysage comme pour donner à la ville une autre peau et une autre allure qui ne se soucie plus du sens du beau et des règles de l’architecture.

Alors, une voix intérieure me dit : « Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes ! Cultivons notre jardin. »

Mandok

 

Pourquoi Bourguiba ?

 


Il peut paraître artificiel pour certains de continuer de parler longuement et fréquemment de Bourguiba aujourd’hui ; il nous paraît au contraire essentiel de le faire assez méthodiquement jusqu’à voir clair dans l’avenir qu’on nous prépare et dans celui que nous voulons. En effet, je reste convaincu que tant qu’on n’a pas résolu la question Bourguiba aujourd’hui, le futur reste incertain pour nous. Et la question Bourguiba est pour moi une et plurielle à la fois, se résumant en ceux mots : « Pourquoi Bourguiba ? »… (Par Mansour M’henni)

Bourguiba constitue pour nous au moins trois centres d’intérêt : l’homme, la pensée et la praxis politique. Et la question est aussi multidimensionnelle sinon plus : Pourquoi Bourguiba aujourd’hui ? Pourquoi tient-on à Bourguiba ? Pourquoi en veut-on à Bourguiba ? Pourquoi a-t-on peur de Bourguiba ?

L’homme

En tant qu’homme, Bourguiba a ses qualités et ses défauts. Souvent même les qualités de ses défauts, parfois aussi les défauts de ses qualités ; mais cela se manifeste surtout dans sa pratique politique et on y reviendra.

Bourguiba est d’abord un authentique patriote et sentimental jusqu’au romantisme et ses manifestations lyriques qui lui font aimer la poésie, surtout celle de Victor Hugo ; c’est un intellectuel de large connaissance et de fine intelligence et un communicateur hors pair. Narcissique ? Qui ne l’est pas à un degré ou à un autre ? Combinard ? Peut-on ne pas l’être quand on fait de la politique politicienne ? Regardons du côté de chez ses détracteurs et nous comprendrons vite que de ce point de vue, il est plutôt question d’amplifier ce défaut chez l’Autre pour qu’il paraisse moins sensible chez soi. Il en est ainsi d’ailleurs pour la volonté de puissance et le désir de détenir la décision impériale : pour s’en convaincre, il n’est pas besoin de recourir aux personnages historiques les plus illustres, il suffirait peut-être de s’attarder sur le spectacle de cette nouvelle école de démocratie, chez nous, qu’est l’Assemblée nationale constituante.

Pour tout dire, Bourguiba est homme et rien d’humain ne lui est étranger : son éducation lui a dicté une certaine manière de voir sa contribution au service de son pays ; il l’a servi aussi honnêtement et aussi proprement qu’il a pu. Son pays lui est reconnaissant, pour l’essentiel, et lui a pardonné certaines extravagances et certaines erreurs ; l’Histoire lui a donné la place qu’elle lui doit, et cela aussi personne ne peut y changer quelque chose. Dès lors, toute rancœur et toute animosité cultivée contre cet homme, de carrure particulière, il faut l’avouer, ne pourraient relever que d’un comportement morbide plus préjudiciable aux vivants qui en sont reconnus qu’aux morts dont on chercherait à les caractériser.

La pensée

Cependant Bourguiba est d’abord une pensée, plus même, une pensée éclectique qui a pris le temps de fouiner dans l’immensité de l’Histoire, particulièrement l’histoire politique, et dans les profondeurs civilisationnelles de la culture et de la pensée. La synthèse qu’il en a dégagée, c’est une vision du modèle sociétal tunisien, spécifiquement approprié à la nature du Tunisien et à ses composantes identitaires plurielles sur un fond d’indiscutable dominance arabo-musulmane, plus à même de s’accorder avec les autres composantes qu’à les combattre, plus apte à s’inscrire dans une rationalité implacable que dans une passive soumission aux modèles inadaptés à la dynamique du progrès et de la modernité.

En fait, Bourguiba n’est pas l’initiateur de cette vision dont on pourrait retrouver les premières traces dans l’Etat de Carthage et dont on saisit les indicateurs les plus probants dans l’Ecole réformiste tunisienne et sa production intellectuelle des XIX° et XX° siècles. Le mérite de Bourguiba aura été de faire le bilan des différentes manifestations de cette pensée réformiste et de la reconstituer en une vision civilisationnelle cohérente à même de se mettre à l’épreuve des grands défis historiques, en l’occurrence la lutte anticoloniale, la libération nationale, l’édification d’un premier Etat indépendant réaliste, pacifiste, moderniste et socialement démocrate (grâce surtout à la démocratisation de l’enseignement et de la santé, en plus du Code du statut personnel).

Ainsi, au vu de cette pensée, la réponse aux quatre « pourquoi » peut se moduler de la manière suivante :

Pourquoi la pensée de Bourguiba aujourd’hui ? Et pourquoi tient-on à cette pensée ?

Par un besoin pressant, nous semble-t-il, d’exprimer l’attachement d’une grande portion de la population tunisienne, largement majoritaire nous semble-t-il, à cette idée consacrée de la Tunisie, une idée qui rassure jusque dans ses insuffisances possibles et ses défaillances pratiques, comparée à l’inconnu qui se creuse comme un fossé devant le citoyen tunisien, surtout le citoyen moyen qui représente au moins les trois quarts de la population du pays.

Pourquoi en veut-on à Bourguiba, en tant que symbole d’une pensée ? Et pourquoi en a-t-on peur en tant que tel ?

Tout simplement parce qu’il constitue la seule plateforme solide de la pensée réformiste et centriste, capable de regrouper sous son étendard toutes les mouvances et les compositions politiques qui se reconnaîtraient d’un quelconque positionnement apparenté au centrisme politique. Le meeting de Monastir du 24 mars 2012 en a donné la preuve la plus éloquente car il a pu regrouper, en plus de la famille destourienne, aussi bien la mouvance politique qui gravite autour ou dans la dynamique du PDP d’hier, le Républicain d’aujourd’hui, que la mouvance qui se reconnaît de l’esprit fondateur d’Al-Massar autour d’Ettajdid en particulier.

Il faudrait voir, dans la cabale déclenchée contre Béji Caïd Essebci depuis son fameux appel du 26 janvier 2012 et même la stratégie qui se mobilise autour de la Troïka pour diaboliser de nouveau la famille destourienne, si possible en bloc avant les élections quitte à s’en excuser après, il faudrait donc voir dans cela une vraie colère suscitée par la décision de faire réapparaître cette pensée pour lui redonner une nouvelle force mobilisatrice à même de perturber les cartes dominantes de l’instant présent.

De fait donc, contrairement à certains avis, la pensée de Bourguiba ne fonctionne plus comme une machination de récupération de différentes formations politiques ; elle ne fait que leur donner une assise commune de rencontre et de coordination.

Dès lors, il importe sans doute de comprendre une bonne partie de la haine personnellement orientée contre Bourguiba comme l’expression d’une vraie peur de sa pensée, capable encore de reprendre pied dans la société tunisienne, non pour y réinstaller la dictature comme certains le prétendent alors qu’ils sont les premiers à savoir que cela n’est plus possible, mais pour se mettre elle-même à l’épreuve de la démocratie pour corriger sa mise en pratique dans l’exercice politique.

C’est d’ailleurs dans cette perspective que s’explique la démarche de ceux qu’on se plaît à désigner comme les « néo-bourguibistes », consistant à se définir comme une dynamique politique alternative. S’explique aussi ce regroupement possible de forces politiques divergeant sur certains points mais d’accord entre elles sur un fond commun dont la pensée politique bourguibienne, dans son élan moderniste et réformiste éclectique, constitue le principal terroir.

La praxis politique

Il y a enfin la pratique politique bourguibienne, avec ses hauts et ses bas, elle aussi. Nous l’évoquions ci-dessus, le régime de Bourguiba a eu le mérite d’asseoir un Etat républicain moderne, avec une Constitution qui était, dans son temps, considérée comme l’une des mieux élaborées. C’était un Etat de forte légitimité malgré tout ce qui se dit contre cela aujourd’hui et dont il importera peut-être d’en débattre un jour. Un Etat qui a tablé sur l’intelligence humaine, s’appliquant d’abord à prodiguer aux citoyens la santé du corps et de l’esprit. Un Etat qui a mis en place la structure de base d’une économie moderne. Un Etat qui a fait voler l’oiseau de ses deux ailes en émancipant la moitié de la société que constituaient les femmes.

Il a certes pour cela ouvert un conflit à mort avec les yousséfistes d’abord, les islamistes ensuite. Certains avancent que l’appel à la liquidation physique et même la tentative de la mettre en pratique a d’abord émané de ses opposants, d’autres disent le contraire ! Nous pensons qu’une vraie instance compétente et indépendante de justice transitionnelle peut tirer au clair ces dossiers, au moins pour l’Histoire et pour la mémoire. Nous pensons aussi que pour tout motif, la liquidation physique est criminelle, ne serait-ce que par respect de la vie. Ce qui serait regrettable cependant, c’est de faire de cette question une carte de provocation politique et de manipulation électorale.

N’empêche, le régime de Bourguiba a mis en péril le régime républicain en décrétant la présidence à vie pour un homme que l’on savait de plus en plus vieux, de plus en plus malade, de moins en moins maître du jeu et de la gestion rationnelle de l’Etat. Du coup, une question s’impose : pourquoi disons-nous aujourd’hui que Bourguiba n’avait pas seul le mérite des acquis (dont l’indépendance et la construction de l’Etat national) et lui colle-t-on, seul, la responsabilité des défaillances ? C’est un peu comme si aujourd’hui on rapportait ce qu’il y aurait de bon à la Troïka et qu’on imputait la responsabilité des problèmes à la seule Ennahdha !

On a d’ailleurs vu à ce propos comment le président de transition de la République s’était dévêtu, en apparence au moins, de son burnous anti-bourguibien pour rendre hommage au militant national, contrairement à toute l’équipe d’Ennahdha qui était restée en dehors de la commémoration du décès du leader du mouvement de libération nationale et premier président de la République tunisienne. Dans un cas comme dans l’autre, il pourrait y avoir de la stratégie (chacun manoeuvrant de ses propres armes), ou peut-être seulement une distribution des rôles (chacun maîtrisant le terrain qu’il peut), si bien qu’il deviendrait plausible de répondre à notre pourquoi pluriel de la façon suivante :

Pourquoi Bourguiba aujourd’hui, en tant que projet politique ? Et pourquoi y tient-on ?

Essentiellement parce que la plupart des formations politiques de la famille destourienne sont rongées par le complexe du leader et n’arrivent pas encore à se fixer sur le seul objectif de reconstitution d’un mouvement politique unifié. Pourtant tout est en principe favorable à cette union. Bourguiba devient alors le symbole d’un projet politique virtuel, un peu comme un nouvel idéal, auquel chaque membre de cette famille se sent lié sans pouvoir concrétiser ce lien dans la réalité. D’ailleurs, de ce point de vue, il importe sans doute de se demander s’il est judicieux pour cette famille de se reconnaître de « la destourianité » et de la brandir comme slogan. C’était possible pendant la lutte pour la libération nationale, peut-être aussi au début de l’Etat indépendant. Maintenant ça ne se justifie plus puisque tous les Tunisiens (à part des groupuscules qui n’ont aucun ancrage dans cette terre) se revendiquent de l’esprit constitutionaliste : ils peuvent donc se faire valoir des principes de modernité ou de réformisme républicains plutôt qu’autre chose. Il y aurait même à s’interroger si le relatif succès du parti Al-Moubadar (L’Initiative) ne vient pas de son nom tourné plus vers l’avenir que vers le passé.

Dès lors, c’est la double question : pourquoi en veut-on à la pratique politique de Bourguiba et pourquoi en aurait-on peur ? La réponse est peut-être plus simple :

En face de la famille destourienne, il y a ceux qui veulent faire de ce projet politique le bouc-émissaire d’un contexte de transition. Il serait alors le souffre-douleur de tout le monde ; il endosserait tous les péchés, même celui de l’existence du régime Ben Ali pour lequel tout le monde ou presque avait applaudi en 1987-88 : et c’est alors la catharsis pour tous, sauf pour ceux qui en ont le plus le devoir et le droit. Tout le monde s’en sort blanc comme neige et en avant la musique ! Du coup, certains peuvent même se permettre de récupérer certains aspects du bourguimisme, pour donner bonne conscience à ceux qui ont changé de camp : tout comme Ben Ali avait récupéré, au début, certaines revendications de la gauche pour polariser bon nombre de ses militants qui se trouvaient devant leur programme politique presque intégralement reconduit.

De ce point de vue, la démocratie ne saurait se concevoir dans une Deuxième république convenablement assise sans la revendication menée par toutes les forces vives du pays afin que les Destouriens et les Rcdistes contre lesquels la justice n’a rien à faire valoir, recouvrent leurs droits et devoirs citoyens à part entière et s’engagent activement dans la participation à la reconstruction et à la redynamisation de la machine de développement de leur patrie. Malheureusement, à part quelques positions courageuses et franches, les chantres mêmes de la nouvelle démocratie continuent de porter des gants pour parler de cette question, sans parler de la troïka qui semble retrouver, encore une fois, dans la diabolisation de cette catégorie de citoyens, une meilleure chance de reconduire sa mainmise sur le pouvoir au nom d’une relative légitimité arrachée à la sauve qui peut.

En conclusion, qu’on se le reconnaisse ou non, Bourguiba est aujourd’hui, tacitement ou à découvert, au centre du débat, au moins au centre de la réflexion, où germe le nouveau projet politique tunisien, celui de la Deuxième république. Et tant qu’on n’aura pas conduit ce débat en toute sérénité, avec la participation de tous, dans la transparence et dans le respect des différences, ce n’est pas la démocratie qu’on retrouverait au bout du tunnel ! Peut-être seulement une autre obscurité plus déconcertante que le tunnel lui-même.

Mansour M’henni

Source: Jawharafm.net

 

Aux sources de notre histoire politique : Aristote loue la constitution de Carthage

 


En cette période transitoire, mais déterminante dans l’histoire de leur pays, les tunisiens s’interrogent, et à juste titre, sur le contenu de la   prochaine constitution qui va réorganiser leur vie politique sur des bases plus démocratiques, et réaliser  ainsi les larges promesses de la révolution qu’ils viennent d’accomplir.

En ce moment de questionnements et d’incertitudes, il n’est pas inutile de revisiter certains moments forts de l’Histoire, aussi lointains soient-ils dans le temps, pour se ressourcer, se retrouver des repères et reprendre de l’assurance.

Dans le texte ci-dessous, je proposerai  à mes amis un extrait d’une haute importance, que j’ai choisi du livre « Histoire » d’Aristote. Dans  ce texte, le grand philosophe grec commente la constitution de Carthage telle qu’elle était de son vécu, précisément au cours du IV ème siècle av. j.-C.

Après avoir  comparé plusieurs constitutions, Aristote considère dans ce témoignage unique, que celle de Carthage était l’une des meilleures, voire la meilleure,  par rapport aux constitutions qui étaient en vigueur à Athènes même, et dans les autres grandes cités de son époque.

Dans le chapitre 8 du livre II de son « Histoire », Aristote écrit:

«  Carthage paraît encore jouir d’une bonne constitution, plus complète que celle des autres Etats sur bien des points…..ces trois gouvernements de Crète, de Sparte et de Carthage ont de grands rapports entre eux, et ils sont très supérieurs à tous les gouvernements connus. Les Carthaginois en particulier ont des institutions excellentes; et ce qui prouve bien toute la sagesse de leur constitution, c’est que, malgré la part de pouvoir qu’elle accorde au peuple, on n’a jamais à Carthage de changement de gouvernement, et qu’elle n’a eu, chose remarquable, ni émeute, ni tyran….Carthage est plus prudente (que Sparte) et ne demande pas ses rois à une famille unique…., elle s’en remet à l’élection et non à l’âge pour amener le mérite au pouvoir ».

En fait,  au temps d’Aristote et jusqu’à sa destruction par les Romains en 146 av.J-C, Carthage avait une organisation politique de type mixte mêlant les  meilleurs éléments de trois régimes :

1-    Un régime de type  monarchique, constitué par les deux grands magistrats (les suffètes) qui  avaient la charge, au sommet de l’Etat, de gérer l’administration civile, de rendre la justice et de convoquer les assemblées. Ces deux suffètes étaient élus et n’exerçaient ni le pouvoir militaire ni le pouvoir religieux.

2-    Un régime de type oligarchique, représenté par le  Conseil des anciens (la gerousia), une sorte de parlement constitué de près de 300 aristocrates qui avait compétence non seulement  pour toutes les affaires  intérieures de la cité, mais aussi pour sa politique étrangère. Ce conseil  pouvait ainsi décider de la guerre ou de la paix.

3-    Un régime de type démocratique, constitué par l’ l’assemblée du peuple, ouverte à tous les hommes libres de la cité. Cette large assemblée se réunissait dans la place de l’agora soit à l’occasion des grandes décisions soit pour trancher en cas de désaccord entre les deux premiers pouvoirs.

J’ai proposé cette fouille rapide dans notre passé, juste pour   démontrer par l’exemple, que le génie de notre peuple  a toujours été capable, tout au long de notre longue histoire, d’inventer et de produire le meilleur.

Pourquoi doit-on douter qu’il ne le fasse aujourd’hui ?

Boubaker Ben Fraj


 

Rien ne va plus : j’ai mal à ma Tunisie !

 


La mutinerie est partout dans la république, semble-t-il, après la réponse violente du ministère de l’Intérieur à la manifestation lundi 9 avril 2012 pour la commémoration de la Journée des martyrs. Une jeune fille de 25 ans aurait trouvé la mort dans ces affrontements entre forces de l’ordre et manifestants, chacun présentant sa version, comme au bon vieux temps, un temps pas si vieux, juste janvier 2011 où l’on avait une version officielle et une version des manifestants, jamais concordantes. Aujourd’hui encore, c’est la même rengaine : un ministère qui se fait fort de sa décision de fermer l’avenue Bourguiba aux manifestations, dans les conditions que l’on sait, et des manifestants qui sont convaincus d’être dans leur droit légitime de manifester sur l’avenue de la liberté et de la dignité.

Quatorze journalistes et des dizaines de militants des partis politiques et de la société civiles, de simples citoyens et même des journalistes étrangers, personne n’a semble-t-il échappé à une violence dont des signes précurseurs ont été montrés quelques journées auparavant : « contre les blessés de la Révolution, contre les artistes, contre les chômeurs », nous disaient certains manifestants.

N arrière fond, l’éternel conflit entre la légitimité et la légalité réapparaît, donnant même l’occasion au président de transition de condamner toute manifestation contre lui et le gouvernement, au nom de sa propre légitimité dont il faudrait peut-être revoir les zéros après la virgule, comme on se plaît à dire partout à propos d’autres candidats moins chanceux ou moins épaulés. Pourtant le voilà, lui et son parti, revendiquer la politique de l’exclusion et voilà que le gouvernement reprend le langage de la répression ! On n’est pas sorti de l’auberge et on n’a pas fait de révolution : pourquoi se voiler les yeux ?

Résultat ? C’est pratiquement la mutinerie générale : les gens ne dorment plus et c’est la manifestation partout appelant, les uns à la chute du gouvernement, les autres à la démission d’un ministre hier encore le préféré d’un certain public : le ministre de l’Intérieur. A sidi Bouzid, point de départ de l’étincelle incendiaire des évènements de décembre 2010 et janvier 2011, à Sousse, à Sfax, à Moknine, à Ksar Hilal, à Monastir, à Msaken, Chebba, etc. La contagion continue. Le gouvernement avait-il besoin de cela, avait-il besoin surtout de ces sbires dont tout le monde atteste la participation sauvage à l’agression des manifestants ? La Tunisie surtout, avait-elle besoin de cela ?

La Tunisie a mal à sa sérénité, la Tunisie a mal à son humanité ; aujourd’hui, ce sont certains « droit-d’hommistes » qui en sont la cause. Là est la catastrophe.

Quant à moi, j’ai mal à ma Tunisie.

M. Mansour

Source : tunivisions.net


 

La liberté de création : La révolution tiendra-t-elle ses promesses?

 

La liberté fut avec la dignité l’un des deux mots d’ordre les plus scandés par les manifestants qui avaient empli l’avenue Habib Bourguiba dans cette journée révolutionnaire du 14 janvier 2011 qui a mis fin au régime de Ben Ali

Si la liberté réclamée haut et fort par la rue au cours de cette journée concernait prioritairement le champ politique, elle n’englobait pas moins toutes les autres libertés qui en découlent et notamment, celles de  penser, de s’exprimer, d’accéder à l’information et celle plus spécifique au domaine de la culture, de créer et de diffuser le produit de sa création.

Dans ce domaine, la révolution se devait donc d’être un passage forcé d’un «  système culturel » où la censure exercée par l’Etat était la règle à une nouvelle gouvernance culturelle basée sur le principe de liberté.

 

Qu’en est-il advenu dans la réalité ?

 

Si personne ne peut mettre en doute les  progrès réalisés par la Tunisie  depuis la révolution en matière de liberté d’expression, l’état des lieux semble  moins rassurant en matière de liberté de création  et ce, malgré l’engagement plusieurs fois répété de l’actuel ministre de la culture, Monsieur Méhdi Mabrouk qui appelle les créateurs à «  donner libre cours à leur inspiration créatrice ».

 

Le doute a été nourri au cours des derniers mois par plusieurs affaires, qui ont défrayé la chronique et suscité des remous et des tensions telles que la projection du film « ni Dieu ni maitre » de Nédia El Fani, celle du film Iranien Pérsepolis par la chaine de télévision Nessma  ou l’arrestation pour le moins expéditive du directeur du quotidien Ettounoussia pour avoir publié une photo jugée impudique, et d’autres affaires du genre qui n’ont pas suscité autant de résonnance dans les médias.

 

Ce qui paraît paradoxal, c’est  qu’au moment où l’Etat déclare affranchir la création de sa propre censure «  politique », sont apparues dans la société, des forces et des initiatives diffuses qui  se sont octroyées le droit et la légitimité de fixer ,selon leur propre appréciation, des« lignes rouges »souvent de nature morale ou religieuse qui ne doivent pas être franchies par les créateurs.

 

En somme, une nouvelle répartition des rôles semble s’opérer : avant le 14 Janvier, c’était l’Etat qui se chargeait de censurer, il le faisait souvent pour des motifs politiques de manière systématique et arbitraire. Après la révolution, l’Etat tend à se soustraire à cette tâche  en la transférant à d’autres acteurs agissant  au nom du sacré ou des « valeurs » de la société.

Paradoxalement, la révolution qui a libéré la création de la censure de l’Etat, semble avoir du même coup libéré   une sorte de « censure sociale » plus diffuse, moins prévisible et moins identifiable.

 

Une nouvelle donne qui générera sans doute dans le futur, des enjeux et peut-être des combats épisodiques entre la liberté de création, qui n’est jamais absolue, et son contraire : la censure.

Mutation somme toute naturelle, non contradictoire avec le fonctionnement sain d’une démocratie, pourvu que  personne ne  se place, au nom d’autres absolus, au-dessus de la loi.

 

Boubaker Ben Fraj


 

Mohamed Merah : le dernier jour d’un forcené

 


Les faits : Le Raid a lancé l'assaut à 10h30. Des grenades ont été tirées et le Raid s'est introduit dans l'appartement par la porte et les fenêtres. Des moyens de vidéos ont été introduits pour inspecter l'appartement. Le suspect se cachait dans la salle de bain. Il a ouvert le feu. Mohamed Merah a sauté par la fenêtre avec une arme à la main en continuant à tirer. Il a été retrouvé mort au sol. Il y a deux agents blessés peu grièvement.

13h23 : Première intervention de Nicolas Sarkozy : "Je tiens à remercier les forces de l'ordre, la justice, le ministre de l'intérieur pour le remarquable travail qu'ils ont accompli. (...) Tout a été fait pour traduire Merah à la justice, mais il était inconcevable qu'il y ait des morts. (...) Aujourd'hui, les Français doivent surmonter leur indignation et ne pas céder à leur colère. Nos compatriotes musulmans n'y sont pour rien (...). Il ne faut procéder à aucun amalgame. (...) Désormais, toute personne qui consultera de manière habituelle les sites internet qui font l'apologie du terrorisme sera punie pénalement".

13h08 : D'après une source policière citée par l'AFP, Mohamed Merah aurait été tué par des hommes du Raid au moment où il tentait de s'échapper par la fenêtre.

12h36 : Début de l'intervention de François Hollande qui salue le courage du Raid et des forces de sécurité. "La lutte contre le terrorisme est un combat de tous les instants". "La République est toujours la plus forte, elle l'a montré."

12h27 : François Hollande fera une déclaration à la presse à 12H30 et Nicolas Sarkozy une intervention télévisée à 13h00 après une réunion avec ses ministres. 

12h18 : L'avocat de Mohamed Merah dénonce l'attitude jusqu'au boutiste de la police qui "ne pouvait mener qu'à une issue tragique"

12h01 : Claude Guéant, le Ministre de l'Intérieur prend la parole : "La décision a été prise de mener l'assaut ce matin. Des grenades ont été tirées et le Raid s'est introduit dans l'appartement par la porte et les fenêtres. Des moyens de vidéos ont été introduits pour inspecter l'appartement. Le suspect se cachait dans la salle de bain. Il a ouvert le feu. Mohamed Merah a sauté par la fenêtre avec une arme à la main en continuant à tirer. Il a été retrouvé mort au sol. Il y a deux agents blessés peu grièvement."

11h45 : 300 cartouches auraient été tirées selon FranceTv.info. Merah aurait tiré depuis un balcon selon Europe 1. Une journaliste de LCI indique qu'il serait mort à l'extérieur de son appartement, une arme à la main, alors qu'il tentait de fuir.

11h39 : Il y aurait trois blessés chez les forces de l'ordre dont un grièvement selon BFM TV.

11h32 : Des sources policières affirment que Merah serait mort après avoir résisté à son arrestation de manière extrêmement violente.

11h29 : Des rafales et des déflagrations se font entendre autour de l'appartement

11h10 : L'incertitude demeure sur l'état de santé de Mohamed Merah. L'AFP, citant une source proche de l'enquête, confirme que l'assaut au eu lieu et que le Raid est désormais dans l'appartement du suspect.

11h03 : iTélé cite un voisin proche qui confirme qu'un assaut du Raid a eu lieu vers 10h30.

11h00 : la calme règne autour de l'immeuble de Merah. Une source proche de l'enquête confirme que le dénouement est proche.

10h42 : Selon une source policière citée par France 3, le Raid est dans l'appartement de Mohamed Merah.

10h31 : Trois nouvelles explosions viennent d'être entendues dans l’appartement de Merah. Tout laisse penser que l'opération est terminée.

9h55 : Les deux prochaines victimes de Mohamed Merah auraient dû être le chef de la BAC (brigade anticriminalité) de Toulouse et un fonctionnaire de la DCRI locale de confession musulmane, d'après les informations du "Point".

09H44 - Le gouvernement "a peur" - Marine Le Pen, sur France Info, soupçonne le gouvernement d'avoir "peur" de donner l'assaut pour capturer Mohamed Merah, craignant qu'il trouve la mort et "qu'il y ait des réactions dans un certain nombre de quartiers". De son côté, François Bayrou estime sur BFM TV/RMC que "les forces de police et de renseignement savent ce qu'elles font et nous ne savons pas tout".

9h40 : Alors que la possibilité d'un suicide de Mohamed Merah est évoquée, BFM TV indique qu'une ambulance et trois brancards auraient été déployés près de l'immeuble assiégé. Les images montrent plusieurs pompiers en train de s'équiper, peut être sur le point de mener une intervention.

9h25 : Le ministre de l'Intérieur Claude Guéant est arrivé près de l'immeuble du présumé coupable. Il est accompagné du procureur de Paris François Molins.

9h15 : L'interrogation est de plus en plus vive quant à l'état de santé du présumé tueur. En effet, deux coups de feu ont été tirés dans la nuit alors qu'aucun assaut n'a été donné.

08h55 : Le ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, a estimé ce matin qu'il fallait "faire la clarté" sur une éventuelle faille des services de renseignement dans la surveillance de Mohamed Merah, présumé coupable de sept meurtres à Montauban et Toulouse. "Je comprends qu'on puisse se poser la question de savoir s'il y a eu une faille ou pas. Comme je ne sais pas s'il y a eu une faille, je ne peux pas vous dire quel genre de faille mais il faut faire la clarté là-dessus", a-t-il déclaré sur Europe 1.

8h18 : "On a entendu deux coups de feu on ne sait pas à quoi ça correspond" vers 2h cette nuit, a encore annoncé le ministre de l'Intérieur Claude Guéant ce matin. Mais le Raid écarte pour le moment la thèse du suicide.

8h10 : Casqués, des pompiers se sont regroupés dans la rue du Sergent Vigné, à proximité de l'immeuble de Mohamed Merah.

7h56 : Selon Claude Guéant, interrogé sur les ondes de RTL, Mohamed Merah souaiterait désormais "mourir les armes à la main". Il a également indiqué que les forces du Raid n'ont plus eu de contact avec le suspect retranché depuis mercredi 23h45.

7h45 : Mohamed Merah "semble dans une posture très fermée" depuis hier soir et refuse toujours de se rendre, a indiqué une source proche de l'enquête à l'Agence France-Presse (AFP).

"Il semble depuis hier soir dans une posture très fermée. Il ne veut plus se rendre. Et il a l'air très déterminé", selon cette source.

7h05 : "Le Télégramme" a publié hier soir l'interview d'une femme dont la fille avait été agressée par Mohamed Merah. Elle explique aussi que le tueur présumé aurait tenté d'"embrigader" son fils en lui montrant des vidéos "insoutenables" d'Al-Quaïda.

6h55 : "Il disait qu'il voulait se rendre, il a changé d'avis, on augmente la pression pour qu'il se rende", a expliqué une source proche de l'enquête à l'Agence France-Presse (AFP). Toujours d'après l'AFP, les multiples explosions ont pour vocation à empêcher le tuer présumé de dormir et d'ébranler sa résilience.

6h35 : Encore deux nouvelles détonations ont été entendues à 3 minutes d'intervalle. Le rythme de ces dernières semble s'accélérer, le Raid augmente la pression contre le tueur présumé.

6h20 : Cela fait maintenant plus de 27 heures que les négociations entre Mohamed Merah et les forces de l'ordre ont débuté, à Toulouse. C'est l'une des plus longues de l'histoire du Raid, depuis la prise d'otages à la maternelle de Neuilly, le 15 mai 1993. A l'époque, Erick Schmitt, surnommé "Human Bomb", avait tenu 46 heures avant qu'un assaut soit donné. Celui-ci avait été tué dans l'attaque mais il n'y avait eu aucune victime parmi les otages.

05H50 - Durée - La négociation entre les policiers du Raid et Mohammed Merah est l'une des plus longues menées par cette unité d'élite de la police après celle de la maternelle de Neuilly. Entamée mercredi vers 03H00, elle se poursuit peu avant 06H00, soit une durée de 27 heures jusqu'à présent.

Le 15 mai 1993, après deux jours de négociations, les policiers du Raid avaient donné l'assaut dans une maternelle à Neuilly (Hauts-de-Seine) où des enfants et une institutrice étaient retenus en otages depuis 46 heures par un ancien militaire, Erick Schmitt, "Human Bomb". Celui-ci avait été tué dans l'attaque mais il n'y avait eu aucune victime parmi les otages.

03H40 - Défi pour les politiques - La presse française considère la dérive meurtrière de Mohamed Merah comme un défi pour la classe politique en pleine campagne présidentielle, et qu'il y aura un avant et un après Toulouse.

"Le défi lancé à la classe politique (...) constitue un test de la cohésion nationale", écrit Nicolas Barre dans Les Echos. "Deuil et unité nationale deviennent vite hypocrisie et piège" pour Jean-Emmanuel Ducoin de L'Humanité. Dans Libération, Nicolas Demorand souhaite qu'"une fois chassé, le naturel ne revienne pas au galop. Que certains mots, certains discours disparaissent définitivement de la vie publique".

03H00 - 24 HEURES - Cela fait 24 heures que les policiers du Raid ont pris position autour de l'immeuble. L'affaire fait la Une des journaux français à paraître jeudi, mais aussi les gros titres de médias internationaux tels la radio britannique BBC ou la chaine de télévision américaine CNN.

02H00 - Autre détonation - Une nouvelle détonation précédée de deux apparents coups de feu s'est faite entendre près de l'immeuble où est retranché Mohamed Merah. Les policiers pourraient éprouver la résistance du tueur présumé, cerné dans un logement en outre privé d'eau, de gaz et d'électricité.

00H36 - DENOUEMENT PROCHE - Deux sources proches de l'enquête démentent formellement qu'il s'agisse d'un assaut. En tout cas, un dénouement est proche, a dit une source proche de l'enquête.

00H35 - Interprétation des détonations - Selon un spécialiste, les trois dénotations "peuvent provenir de grenades assourdissantes et aveuglantes pour tester les capacités de réaction et peser sur les négociations". Selon un autre spécialiste, elles peuvent aussi annoncer l'assaut, une première explosion faisant sauter la cloison, les deux autres devant sidérer l'individu retranché et l'assourdir, le rendant pendant quelques instants incapable de réaction.

23H58 - TENTATIVE D'INTIMIDATION MAIS PAS D'ASSAUT- "Il a dit qu'il voulait se rendre, il a changé d'avis, on augmente la pression pour qu'il se rende", a déclaré une source proche de l'enquête. Juste après ces détonations, on aperçoit un bref faisceau lumineux sur la façade. Aucun échange de tir entre Merah et les forces de l'ordre n'est entendu dans les dix minutes suivant ces détonations, avant qu'un éclairage plus intense de la façade ne soit visible.

23H35 - TROIS VIOLENTES DETONATIONS ENTENDUES PRES DE L'IMMEUBLE OU EST RETRANCHE MERAH, selon des journalistes de l'AFP. Il s'agirait selon un spécialiste du signe d'un assaut lancé par le Raid à l'aide d'explosions assourdissantes et incapacitantes.

22H13 - IL EST ENCORE IMPOSSIBLE D'OBTENIR LA CONFIRMATION D'UN ASSAUT OU D'UNE REDDITION IMMINENTS.

22H12 - La presse attend le dénouement -Des dizaines de journalistes, maintenus à plus de cent mètres de l'immeuble, attendent le dénouement. Rien qu'à l'angle des rues de Lille et Andrieu, voisines de la rue du Sergent Vigné, où Merah est retranché au premier étage du petit immeuble, on compte une cinquantaine de journalistes et une vingtaine de badauds.

22H00 - Policiers casqués - Des policiers casqués et munis de gilets pare-balles prennent position, ont constaté des journalistes de l'AFP. Une quinzaine de policiers en tenue sont descendus d'un fourgon, munis de gilets pare-balles, cagoules, casques et boucliers intégraux pour certains, tandis que s'organise à proximité de l'immeuble un ballet de voitures de police et de motards.

21H37 - Cible par défaut - Le tueur au scooter souhaitait lundi "tuer un autre militaire et n'en trouvant pas, il a jeté sa vindicte sur le collège, sur cette école juive, ces enfants massacrés", a indiqué le ministre de l'Intérieur sur LCI.

21H27 - L'adresse de Merah - Mohamed Merah possédait bien un domicile à son nom, mais des obstacles ont retardé sa localisation. Le procureur de la République de Paris, François Molins, ajoute qu'"on n'est pas face à quelqu'un qui habite toujours au même endroit (...) les choses auraient été beaucoup plus simples".

21H14 - Echec de la dernière tentative de médiation - Selon une source proche du dossier, une tentative de médiation avec Merah, à l'aide d'une de ses proches, a échoué peu avant l'extinction de l'éclairage public.

21H01 - L'ECLAIRAGE PUBLIC ETEINT DANS LE QUARTIER OU MERAH EST RETRANCHE. Le quartier est plongé dans le noir dans le quartier de la petite cité de la Belle Paule, mais de loin, les journalistes peuvent voir que la façade de l'immeuble où est retranché Merah est éclairée, par des moyens apparemment différents de l'éclairage public classique.

21H00 - CELA FAIT PLUS DE DIX HUIT HEURES QUE LES NEGOCIATIONS ONT COMMENCE.

20H45 - Pas suicidaire - Mohamed Merah "ne montre pas de tendances suicidaires", affirme Claude Guéant. "Au contraire il a eu au cours de la journée des réflexions laissant penser qu'il voulait vivre, puisqu'il a pris la précaution de s'assurer qu'au cas où il sortirait, et bien qu'il ait tué des enfants, sa vie serait sauve".

20H30 - Fondamentalisme - "Ce drame renforce notre totale détermination à continuer à lutter par tous les moyens contre la menace terroriste mais aussi contre toutes les formes de fondamentalisme et d'intégrisme dont, malheureusement, certains au PS et chez les Verts, ont si souvent nié la dangerosité", déclare le secrétaire général de l'UMPJean-François Copé.

20h22 - MERAH DIT AVOIR ACCEPTE UNE MISSION D'AL-QAIDA POUR UN ATTENTAT EN FRANCE, selon le ministre de l'Intérieur. "Il est revenu sur son itinéraire, il a expliqué la façon dont il a reçu des instructions d'Al-Qaïda pendant son séjour au Pakistan, il lui avait même été proposé de provoquer un attentat suicide qu'il a refusé, mais il a accepté une mission générale pour commettre un attentat en France".

20H14 - GUEANT ESPERE QUE LE TUEUR SE RENDRA BIENTOT - "Il affirme qu'il veut se rendre bientôt, il voulait le faire de toute façon à la nuit déjà tombée, et nous espérons qu'il va effectivement se rendre bientôt, les conditions de sa reddition sont en cours de discussion", a dit M. Guéant sur TF1.

20H10 - Guéant se défend - Après des critiques du FN et de Jean-Pierre Chevènement sur la surveillance des réseaux islamistes par les services de renseignement, Claude Guéant a répondu à la journaliste de l'AFP Sophie Huet qu'"en France, ce n'est pas parce qu'on professe des idées étranges ou extrémistes qu'on va en prison". "Jamais on n'a remarqué ni chez lui ni chez les salafistes de Toulouse le moindre comportement qui laisse penser qu'ils avaient des intentions criminelles".

19h56 - L'avoir vivant - "Nous voulons l'avoir vivant pour le juger" et "connaître ses motivations", a déclaré le ministre de la Défense, Gérard Longuet sur BFMTV. L'opération, selon lui, pourrait durer la nuit. "Des jours, non. Il y a une fatigue physique, nerveuse", a-t-il souligné.

19H40 - Condoléances américaines - Obama a exprimé à Sarkozy les condoléances du peuple américain, annonce l'Elysée. "La France et les Etats-Unis sont plus que jamais déterminés à lutter ensemble contre la barbarie terroriste".

19H12 - SEIZE HEURES DE SIEGE - Cela fait maintenant plus de seize heures que Mohamed Merah est reclus dans son appartement à Toulouse, encerclé par les forces du raid.

19H04 - Coup de fil à France 24 - Mohamed Merah a reconnu avoir appelé la journaliste Ebba Kalondo à France 24 depuis une cabine téléphonique dans la nuit. D'après le parquet, l'appel a été passé à proximité de l'appartement toulousain où Merah est toujours retranché en ce moment.

19H00 - Décapitation - Le tueur a "un parcours assez solitaire" et "peut rester enfermé assez longtemps chez lui", à regarder des "scènes de décapitation", selon François Molins.

18H55 - Ressources modestes - Mohamed Merah "affiche des ressources plutôt modestes" mais loue "des véhicules au mois et a plusieurs points de chute en matière de logement", souligne le procureur de Paris.

18H53 - Un jeune de maintenant - Dans le quartier toulousain des Izards dont il est originaire, un jeune décrit Merah comme "gentil, calme, respectueux et généreux". "Il priait, mais ce n'était pas un extrémiste", assurait un autre. "Il ressemble à un jeune de maintenant".

18H 50 - MERAH A BIEN ESSAYE DE S'ENGAGER DANS L'ARMEE - Mohamed Merah a tenté de s'engager en 2008 dans l'Armée de terre et deux ans plus tard dans la Légion étrangère, selon les déclarations de la Défense à la journaliste de l'AFP Pascale Juilliard.

18H45 - Pas d'images sur internet - "Une caméra a été retrouvée dans un sac dont il avait confié la garde à une personne de sa connaissance" mais il n'y a "pas de traces concrètes pour le moment" qu'il ait diffusé sur internet des images des tueries, selon M. Molins. Merah aurait dit à une journaliste de France 24 qu'il avait diffusé des images de la tuerie sur le net.

18H35 - Hépatite A - De la mi-août à la mi-octobre 2011, Mohamed Merah s'est rendu au Pakistan, un séjour écourté car il a contracté l'hépatite A, raconte le procureur.

18H29 - Unité de façade - Sous les tentes blanches installées sur la place d'armes du 17e régiment du génie parachutiste à Montauban, pour l'hommage aux militaires tués, côte à côte ou presque, se tenaient cet après-midi debout François Hollande, Nicolas Dupont-Aignan, François Bayrou, Marine Le Pen et Eva Joly.

18H27 - Ne pas baisser la garde - "Ce crime constitue un avertissement pour tous les services en charge de la lutte antiterroriste. La France, jusqu'à présent relativement épargnée par ces actes innommables, ne doit jamais baisser la garde", a estimé Jean-Pierre Chevènement, président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen.

18H25 - Ignominie - François Hollande a expliqué sa présence aux obsèques militaires des soldats tués par la nécessité de dire que "la République s'honore lorsqu'elle est attaquée à être rassemblée dans la lutte contre la barbarie, l'ignominie et le terrorisme".

18H22 - Dérapages indignes - L'équipe de campagne de François Hollande a dénoncé des "dérapages indignes" de l'UMP, après les accusations de la majorité selon lesquelles le candidat PS instrumentaliserait les tueries de Montauban et Toulouse à son profit et "briserait l'unité nationale".

18H13 - Le scooter retrouvé sur les indications de Merah - Le scooter qui aurait servi à Mohamed Merah pour les sept assassinats ainsi que les deux casques noir foncé et blanc ont été retrouvés grâce à ses déclarations, rapporte le procureur.

18H11 - Son frère interpellé - Le frère de Mohamed Merah, Abdelkader, 29 ans, a été interpellé il y a quelques années, sans être mis en examen "dans une filière d'acheminement de jihadistes en Irak".

18H10 - Déjà condamné quinze fois - Mohamed Merah a été condamné "à quinze reprises" quand il était mineur. Il présentait un "profil violent" dès l'enfance, des "troubles du comportement quand il était mineur, compatibles avec l'extrême violence des faits" récents.

18H07 - MERAH VEUT TUER ET RESTER EN VIE - "Il s'exprime sur son séjour en Afghanistan, expliquant qu'il n'a pas l'âme d'un suicidaire, il n'a pas l'âme d'un martyr et préfère si on peut dire tuer et rester en vie", a déclaré M. Molins lors d'une conférence de presse.

18H05 - La caméra retrouvée - La caméra qu'un témoin avait affirmé avoir vue sur le tueur "a également été retrouvée", selon le magistrat. Ce genre de caméra "Go Pro", que l'on peut sangler sur le front, permet de prendre des images en grand angle.

18H03 - Premiers échanges de coups de feu dans la nuit - Mohamed Merah a tiré pour la première fois sur les hommes du Raid à 03h20, en blessant deux. Le premier a été atteint au genou, le second est un "miraculé", ayant reçu une balle dans son gilet pare-balles.

17H54 - Indemnisation - Les victimes seront indemnisées grâce au Fonds d'indemnisation de garantie des victimes d'actes de terrorisme et d'autres infractions (FGTI), grâce à des fonds prélevés sur les primes d'assurance. Le fonds, créé en 1986, a déjà versé 92 millions d'euros aux victimes des 3.751 dossiers déposés.

17H43 - Instrumentalisation - Valérie Rosso-Debord, déléguée générale adjointe de l'UMP, accuse François Hollande (PS) et Marine Le Pen de "tenter d'instrumentaliser à leur petit profit politicien" les tueries de Montauban et de Toulouse.

17H38 - Expulsé par la police afghane - Selon le procureur, Mohamed Merah a été arrêté, lors d'un de ses voyages dans la région tribale frontalière du Waziristan, par la police afghane et remis à l'armée américaine qui l'avait renvoyé en France "par le premier avion".

17H33 - Profil psychologique déterminant - La journée de mardi, quand sont arrivés les résultats des analyses des vidéos et du profil psychologique, a été un "vrai tournant des investigations", a indiqué le procureur de Paris, François Molins.

17H21 - LE SUSPECT VOULAIT ASSASSINER DEUX POLICIERS - Mohamed Merah projetait d'assassiner "deux fonctionnaires de police particulièrement identifiés de l'agglomération "toulousaine, a annoncé lors d'une conférence de presse le procureur de Paris.

17H15 - LE SCOOTER A ETE RETROUVE, UNE CLIO POUVANT CONTENIR DES ARMES ET DES MUNITIONS EST RECHERCHEE.

17H12 - Climat raciste - Philippe Poutou, candidat du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) à la présidentielle met en garde "contre toute utilisation politique de ce geste criminel dans une période où se développe un climat raciste". "Nous ne joignons pas nos voix à ceux qui tentent d'utiliser ces dramatiques événements pour stigmatiser toute une communauté".

16h59 - Rôle clé - Christian Dellacherie, concessionnaire Yamaha de Toulouse a joué un rôle clé dans l'identification de Mohamed Merah. Interrogé par Dominique Beaujouin de l'AFP, il raconte: "Un jeune homme que nous connaissions était venu nous voir il y a quelques jours et nous avait demandé des informations sur la puce de géolocalisation de sa machine. Il avait ajouté de manière anodine qu'il venait de démonter le scooter pour le repeindre (...) Les policiers m'ont demandé si j'étais en mesure de l'identifier: je leur ai donné le nom et le prénom du jeune homme, que nous avions dans notre banque de données depuis qu'il avait 14 ans".

16H57 - Minute de silence jusqu'à dimanche - Le ministre des sports David Douillet demande "qu'une minute de silence soit observée, avant chaque compétition sportive, professionnelle ou amateur, jusqu'au dimanche 25 mars au soir", pour "honorer la mémoire" des victimes.

16H55 - MOHAMED MERAH A REVENDIQUE AUPRES DE LA POLICE LES TROIS ATTAQUES. "Il n'exprime aucun regret", sinon de "ne pas avoir fait plus de victimes", précise François Molins, le procureur de Paris.

16H52 - Pas candidat à l'armée - Le procureur ne confirme pas les affirmations selon lesquelles Mohamed Merah a voulu entrer dans la légion étrangère. "Il n'y a aucun élément permettant de penser qu'il a voulu intégrer l'armée française".

Reddition en fin de soirée

16H51 - MOHAMED MERAH PARLE D'UNE REDDITION "EN FIN DE SOIREE", explique François Molins. "Il a déclaré vouloir se rendre dans l'après-midi ou dans la soirée; maintenant c'est plutôt la fin de soirée".

16H50- LE TUEUR PRESUME DIT AVOIR TOUJOURS AGI SEUL, d'après le procureur.

16H49 - Deux policiers clairement ciblés - Le suspect voulait abattre deux policiers identifiés à Toulouse, explique le procureur François Molins lors d'une conférence de presse.

16H47- La France à genoux - Mohamed Merah se vante "d'avoir mis la France à genoux", rapporte le procureur.

16H47 - LE RAID A TENTE PLUSIEURS ASSAUTS AUJOURD'HUI, selon le procureur de Paris.

16H37 - Fin de la cérémonie à Montauban - La cérémonie en hommage aux militaires Imad Ibn Ziaten tué le 11 mars, Abel Chennouf, Mohammed Legouade tués les 15 mars vient de se terminer.

16H31 - Un soldat entre la vie et la mort - Le président de la République a rappelé qu'un quatrième soldat blessé était entre la vie et la mort. Il espère que les médecins parviendront à sauver Loïc Liber, 28 ans, appelant ses frères d'armes à le soutenir.

16H15 - "NOUS NE DEVONS EN AUCUN CAS CEDER A L'AMALGAME ET A LA VENGEANCE", a déclaré Nicolas Sarkozy.

16H11 - La République à genoux. "Cet homme voulait mettre la République à genoux. La République n'a pas cédé, la République n'a pas reculé, la République n'a pas faibli. Elle a fait son devoir, et fera le sien demain, et ces crimes ne seront pas impunis", a continué le président.

16H09 - La République ciblée - "Nous savons aujourd'hui que c'était bien des soldats que l'assassin voulait tuer. Ils ont été abattus parce qu'il étaient français, parce qu?ils étaient dans l'armée française. Et c'est la République française qui a été touchée (...) La cible c'était l'armée de la République", a ajouté le chef de l'Etat. Dans l'assistance, se trouvaient plusieurs des candidats à la présidentielle dont François Hollande, Marine Le Pen et François Bayrou.

16H07 -Toute la nation française à vos côtés - "Je suis venu m'incliner devant le cercueil de ces soldats assassinés (...) Soldats, aujourd'hui c'est toute la nation française qui est à vos côtés", a dit le président.

16H05 - SARKOZY DENONCE "UNE EXECUTION TERRORISTE" -"La mort que nos hommes ont rencontrée n'était pas celle à laquelle ils étaient préparés. Ce n'était pas la mort des champs de bataille, mais une exécution terroriste", a expliqué le président.

16H01 - Oraison funèbre - Nicolas Sarkozy commence son discours : "La mission de nos soldats c?est de défendre la France, ses habitants, son sol son indépendance. La mission de nos soldats, c?est de défendre la République ses droits, ses valeurs, sa liberté. La mission de nos soldats c?est de défendre le droit, le droit des gens partout dans le monde lorsque la France en reçoit le mandat international".

16H00 - Silence - Devant les trois dépouilles, Nicolas Sarkozy observe une minute de silence.

15H57 - Arrivée des cercueils - Les dépouilles des trois soldats font leur entrée dans la cour d'honneur de la caserne de Montauban.

15H50 - SARKOZY ARRIVE A LA CASERNE DE MONTAUBAN - Accompagné de François Fillon et du ministre de la Défense Gérard Longuet, le chef de l'Etat présente ses condoléances aux familles des trois militaires tués.

Il s'apprêtait à tuer aujourd'hui

15H49 - LE SUSPECT S'APPRETAIT A TUER UN MILITAIRE AUJOURD'HUI, SELON UNE SOURCE PROCHE DE L'ENQUETE.- Mohamed Merah a "dit aux enquêteurs ce matin qu'il avait décidé de tuer un militaire à Toulouse mercredi matin et qu'il l'avait déjà identifié".

15H47 - Affliction amère - L'Union des Organisations Islamiques de France fait part de son "affliction (...) d?autant plus forte et amère que l?auteur présumé, par ses revendications, prend en otage la religion musulmane et tous ses fidèles. Rappelons que le terrorisme et la folie meurtrière n?ont pas de religion".

15H30 - Un caractère bien trempé - Les négociations sont "longues et difficiles" avec Mohamed Merah explique une source proche de l'enquête, car le jeune homme de 23 ans a un "caractère bien trempé". Les pourparlers ont été interrompus dans la matinée à la demande du suspect "parce qu'il était fatigué, qu'il voulait se reposer et qu'il voulait lire", selon cette même source interrogée par l'AFP.

15H26 - DEBUT DE LA CEREMONIE A LA CASERNE DE MONTAUBAN - La cérémonie en hommage aux trois militaires tués les 11 et 15 mars à Toulouse et Montauban commence. Elle doit se tenir en présence de Nicolas Sarkozy et de la classe politique.

15H25 - LE SUSPECT AU SCOOTER S'APPRETAIT A TUER ENCORE CE MATIN - Selon la représentante locale du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), le chef de l'Etat a fait cette annonce lors d'un entretien avec les communautés religieuses à la caserne. "Il avait déjà un plan pour tuer encore", "il était prévu pour lui de tuer ce matin", a ajouté Mme Yardeni sans plus de précision

15H15 - SARKOZY S'EN VA - Nicolas Sarkozy quitte sans commentaire la caserne Pérignon, proche de l'immeuble où est retranché Merah. Le président est resté près d'une heure.

15H12 - Convoqué chez le juge en avril - Mohamed Merah a été condamné il y a une quinzaine de jours à un mois de prison ferme pour conduite sans permis, et devait voir un juge en avril pour aménager cette peine, selon son avocat.

15H08 -Silhouette fine - Mohamed Merah mesure environ 1,70 m, a la silhouette fine, selon un jeune homme de son quartier d'origine.

14H55 - Rattrapé par internet - Les enquêteurs ont réussi à remonter jusqu'à l'adresse IP de l'ordinateur ayant servi à contacter la première victime. "C'est comme le téléphone, quand un ordinateur veut se connecter à internet, il appelle un autre ordinateur et communique forcément son adresse IP, qui est alors enregistrée quelque part", explique Laurent Heslaut, directeur des stratégies de sécurité chez Symantec, société de sécurité informatique.

14h51 - LE SUSPECT N' A PAS ETE INTERPELLE- Annoncée plus tôt par plusieurs médias, Claude Guéant "dément une arrestation" du tueur présumé. "C'est faux", a-t-il déclaré. "Les négociations continuent", "elles sont toujours en cours", a-t-on indiqué de sources proches de l'Intérieur.

14H46 - L'Islam pas en cause - Pour le mouvement féministe Ni Putes Ni Soumises, "ce n'est pas l'islam dont il s'agit, mais de groupuscules extrémistes".

14H41 - Inquiétude latente - L'inquiétude n'a pas totalement disparu. "S'il y a quelqu'un d'autre derrière lui, on n'en sait rien. Est-ce que c'est un réseau ?", confie une Toulousaine.

14H34 - EXPLOSIFS DANS UNE VOITURE - Des "explosifs" ont été retrouvés dans la voiture du frère de Mohamed Merah, "engagé lui aussi dans l'idéologie salafiste", selon la police.

14H30 - Prise de sanglots - Aux obsèques du caporal Abel Chennouf dans la cathédrale de Montauban, la compagne du jeune caporal, Caroline, enceinte de sept mois, reste assise, prise de sanglots. A ses côtés, les parents de la victime se serrent l'un contre l'autre.

14H29 - Campagne terroriste - "La campagne va s'orienter vers le terrorisme, l'insécurité. Cela va être favorable à Nicolas Sarkozy, voire Marine Le Pen", selon une toulousaine interviewée par le journaliste de l'AFP Dominique Beaujouin.

Toulouse soulagée

14h26 - Toulouse soulagée - Toulouse, tétanisée depuis deux jours, respire à nouveau depuis qu'elle sait que le tueur présumé est cerné et qu'il ne devrait plus réitérer ses expéditions meurtrières. Le maire Pierre Cohen parle d'un "soulagement pour l'ensemble des Toulousains".

14H21 - Fin des obsèques - La cérémonie des obsèques des quatre victimes dans le plus grand cimetière de Jérusalem, Har Hamenouhot, est terminée.

14H17 -SARKOZY SUR PLACE - Sarkozy arrive tout près des lieux où est retranché le suspect, à la caserne Pérignon de Toulouse. Il rencontrera les policiers en charge du siège, ainsi que des représentants des communautés religieuses.

14H04 - Gagner du temps - Le CSA prolonge jusqu'à nouvel avis le non-décompte du temps de parole des candidats à la présidentielle s'exprimant sur les meurtres de Montauban et de Toulouse sur les télés et radios.

13H59 - Sécurité - Des tireurs d'élite ont été positionnés dans la cathédrale de Montauban pendant les obsèques religieuses d'Abel Chennouf, selon la maire UMP de la ville, Brigitte Barèges, en appui au déploiement de plusieurs compagnies de CRS et des dispositions prévues par le niveau écarlate du plan Vigipirate.

13H55 - Expertise - Historien de l'immigration interrogé par le journaliste de l'AFP Amer Ouali, Patrick Weil estime que "ceux qui voudraient utiliser ces actes ignobles pour des avantages électoraux auraient tort".

13H35 - "Pas de commission" - Jacques Remiller, député UMP, a demandé la réunion en urgence de la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale. Son président, Axel Poniatowski, a immédiatement refusé soulignant qu'"Aujourd'hui est un jour de recueillement et de deuil" et "ce n'est de toute façon pas à la CAE de se saisir de ce problème".

13H33 - Tricolore - "Nous sommes ce matin un peuple uni au-delà des conflits de pensées et des divisions car c'est l'homme qui est en jeu et nous voulons en montrer la dignité", a déclaré l'évêque de Montauban, Mgr Bernard Ginoux, dans la cathédrale de Montauban, devant le cercueil recouvert du drapeau tricolore d'Abel Chennouf.

13H23 - Emploi du temps - L'Elysée annonce que le chef de l'Etat sera accompagné du Premier ministre, François Fillon, et des ministres Gérard Longuet et Michel Mercier à Toulouse. Nicolas Sarkozy rendra visite aux policiers blessés dans l'opération du Raid, puis aux deux victimes hospitalisées du tueur, avant de rencontrer les habitants évacués et de présider, à Montauban, l'hommage national aux trois militaires prévu à 15H30.

13H20 - Impossible à prévoir - Le suspect était suivi depuis des années par le renseignement intérieur français (DCRI) et ses agents toulousains mais ceux-ci n'ont jamais eu connaissance d'"aucun élément de nature à (faire) penser qu'il préparait une action criminelle", ajoute Claude Guéant.

13H16 - "Le 11-Septembre des musulmans de France - C'est ainsi que l'imam de la mosquée de Drancy, Hassan Chalghoumi, décrit les tueries de Toulouse et Montauban par un suspect se revendiquant d'Al Qaïda. Il confirme un rassemblement dans l'après-midi à Drancy, en présence de représentants d'organisations juives et musulmanes, pour "condamner fermement ces actes".

13H14 - LE CONTACT EST RETABLI ENTRE LE SUSPECT ET LES POLICIERS - Mohamed Merah avait cessé dans la matinée de discuter avec les enquêteurs, rappelle une source proche de l'enquête.

13H12 - Récupération - "Je sens que les politiques vont souffler sur les braises, après le halal, certains vont se servir de ces événements dramatiques pour pointer du doigt les musulmans" craint Lassaad Fkiri, vendeur dans une boucherie dans le quartier de Belleville à Paris. "Il ne faut pas se tromper de cible. Dieu ne demande à personne de tuer", rappelle ce musulman de 39 ans.

13H08 - Trafic d'armes - Nicolas Dupont-Aignan, candidat à la présidentielle, critique "le non-contrôle de nos frontières qui a transformé notre pays en véritable passoire où le trafic d'armes en provenance des diverses zones de guerre est courant". Il dénonce "les dérapages assimilant le terrorisme, l'islam et les Français musulmans".

13H03 - Groupe sans nom - Selon Claude Guéant, le suspect s'est radicalisé "au sein d'un groupe d'idéologie salafiste, et affermie semble-t-il lors de deux voyages, l'un en Afghanistan, l'autre au Pakistan". Il s'agit d'un "groupe toulousain qui n'a pas forcément de nom", composé d'une quinzaine de personnes, "un groupe idéologique, ce n'est pas un groupe qui ait jamais semblé prêt à passer à des actes criminels", a insisté le ministre.

12H57 - A Montauban, la douleur - La femme enceinte de Abel Chennouf, Caroline, est entourée des proches du militaire de 25 ans lors des obsèques de celui-ci dans la cathédrale de Montauban. Ses camarades du 17e régiment du génie parachutiste ont transporté le cercueil en et hors l'église pour la cérémonie religieuse.

12H54 - Intercession - De jeunes hommes se présentant comme des amis de Mohamed Merah arrivent près des lieux où il est retranché pour proposer d'être ses intercesseurs. La police leur demande d'attendre, rapporte le journaliste de l'AFP Nicolas Gaudichet, présent sur place.

12H52 - Terrible - "Il n'y a plus rien d'autre à faire que de se rendre. Il est dans une situation terrible, où il va mourir ou se suicider", juge encore l'avocat qui l'a connu devant le tribunal pour enfants et l'a défendu plusieurs fois.

Bricolage

12H48 - Poli et courtois - Parlant d'un garçon "poli et courtois", Me Etelin décrit "un individu doux, souple et certainement pas un fanatique". "Il était dans une délinquance de droit commun, comme un vol à l'arraché, il avait volé la sacoche d'une personne dans le hall d'une banque", fait pour lequel il avait écopé d'"une peine d'emprisonnement assez sérieuse".

12H40 - COMPORTEMENT IMPREVISIBLE - L'avocat Christian Etelin, qui a défendu Mohamed Merah pour différents faits de délinquance depuis 2004 estime sur BFM-TV que "la situation est telle et ce que je sais de sa personnalité, avec certains aspects fragiles, me laissent craindre un comportement imprévisible" .

12H33 - Carrossier - Un jeune homme se présentant comme un proche venu de leur quartier d'origine pour proposer à la police de parler au suspect assure que celui-ci travaille "dans la carrosserie".

12H29 - Habitué au maniement des armes - Selon une source policière, Mohamed Merah, né le 10 octobre 1988 à Toulouse, aurait été récemment recalé d'une demande d'engagement au sein de l'armée. Le mode opératoire des meutres évoque quelqu'un d'entraîné et habitué au maniement des armes.

12H19 - Bricolage - Pour Dominique Thomas, spécialiste de l'islamisme radical interrogé par l'AFP, "la méthode opérationnelle et la logistique du suspect montrent qu'il dispose de peu de moyens et qu'il n'appartient visiblement pas à un réseau". "Le choix de ses cibles relève plutôt du bricolage même s'il agit de manière réfléchie", ajoute-t-il.

12H12 - Eloquent - La journaliste de France 24 qui a reçu un appel de revendication parle d'"un jeune homme très éloquent" et "très, très calme". "Il disait que c'était pour se venger de la loi contre le port du voile et aussi pour la participation de la France dans la guerre en Afghanistan et aussi pour protester contre la situation en Palestine", a-t-elle raconté sur France Info.

12H09 - Mauvais choix - Pour le représentant de l'Autorité palestinienne en France, Salam Fayyad, "il est temps que ces criminels arrêtent de revendiquer leurs actes terroristes au nom de la Palestine et de prétendre défendre la cause de ses enfants, qui ne demandent qu'une vie décente, pour eux-mêmes et tous les enfants du monde".

12H02 - Armes - Mohamed Merah a "lui-même dit aux négociatieurs qu'il avait une voiture à proximité (de l'immeuble) avec des armes entreposées", et "en effet des armes ont été aperçues dans ce véhicule", signale Claude Guéant. Selon une source proche de l'enquête, les policiers ont fait exploser cette voiture, mais le ministre ne l'a pas dit.

11H57 - Hommage - "Il doit y a voir cet après-midi une manifestation devant le mémorial de Drancy, avec des imams", selon le président du Crif Richard Prasquier.

11H55 - "Surfer sur la situation" - François Bayrou, candidat centriste, critique l'attitude de Marine Le Pen, et estime sur i-Télé que "l'extrême droite cherche à surfer sur la situation". Pour la candidate du Front national, "le risque fondamentaliste a été sous-estimé dans notre pays et des groupes religieux se développent face à un certain laxisme".

11H45 - "Gardes à vue de précaution" - Claude Guéant précise que sa mère, ses deux frères et ses deux soeurs ont été interpellés. Un des frères "est engagé lui aussi dans l'idéologie salafiste", pour les autres, il s'agit de "gardes à vue de précaution", détaille le ministre à Toulouse.

Evacuation

11H43 - Seul ou dans un réseau ? - Le ministre de l'Intérieur reconnaît que les enquêteurs ne savent pas encore si le suspect a agi "seul, ou dans un petit groupe ou dans un groupe plus large".

11H29 - "Toute récupération serait une honte" - Mohammed Moussaoui affirme que les "musulmans de France disent aujourd'hui avec fermeté que nous n'accepterons pas que notre religion soit associée avec la violence de cette façon". A l'issue d'un rendez-vous à l'Elysée, le président du Conseil français du culte musulman souhaite "que la cohésion nationale continue à se manifester. Toute récupération des faits serait une honte. "

11H26 - Fermeté - L'OLP (Organisation de libération de la Palestine), l'Autorité palestinienne, la Mission de Palestine en France et la Délégation permanente de la Palestine auprès de l'Unesco condamnent "avec la plus grande fermeté l'odieux attentat perpétré à Toulouse".

11H24 - TOUS LES HABITANTS DE L'IMMEUBLE ASSIEGE ONT ETE EVACUES - Les habitants de ce petit immeuble de quatre étages en briques et béton étaient calfeutrés dans leurs logements, comme le leur avaient demandé les policiers, depuis le début de l'opération lancée vers 3H00 du matin pour capturer Mohamed Merah. Ils sont choqués selon la police et seront dirigés vers une cellule psychologique.

11H23 - Liens resserrés - Sur le perron de l'Elysée, le grand rabbin de France Gilles Bernheim estime que dans ce drame, "la proximité de la communauté musulmane représentée à ce rendez-vous, notre souci d?éviter tout amalgame, resserre les liens entre la communauté juive et la communauté musulmane".

11H18 - "Condamnation unanime" - Dalil Boubakeur, recteur de la Grande Mosquée de Paris, insiste après une rencontre avec Nicolas Sarkozy, sur la "condamnation unanime du terrorisme au nom de la religion". "On ne peut pas se reconnaître dans cette forme de pratique qui n'est que l'expression de la haine, de la violence, qui n'a rien à voir avec toutes les religions que nous représentons ici"

11H16 - "LE TERRORISME NE PARVIENDRA PAS A FRACTURER NOTRE COMMUNAUTE NATIONALE" - Nicolas Sarkozy demande de "ne céder ni à l'amalgame ni à la vengeance". "La France ne peut être grande que dans l'unité nationale". Après une rencontre avec les responsables des communautés musulmanes et juives en France, le président a salué "la rapidité de l'enquête" et "félicité les services de police".

11H13 - Marche annulée - Richard Prasquier, le président du Crif, annonce depuis le perron de l'Elysée que, "bien entendu, la marche de dimanche est annulée, elle n'a plus lieu d'être". Les communautés juive et musulmane étaient appelées à un rassemblement de solidarité à Paris.

11h07 - "Mon petit" - "Depuis 04h30-05h00, heure de mon réveil, c'est le soulagement. Je l'avais dit au chef du corps où exerçait mon petit, que j'étais confiant, qu'on allait lui mettre la main dessus cette semaine", déclare le père d'Abel Chennouf, un des trois soldats tués à Montauban. "Moi ce qui m'intéresse, c'est ce que va dire ce monstre, cet assassin", confie sur RTL Albert Chennouf dont le fils attendait un enfant.

11H04 - Soulagement - François Hollande exprime son "soulagement" que le suspect ait été "identifié" et "localisé" et souhaite que "l'opération" en cours "se dénoue dans les meilleurs délais".

"Le sang de nos deux pays"

10H58 - "Une personne normale" - C'est ainsi que le suspect est décrit par le père d'un voisin de Mohammed Merah. En contact avec son fils coincé dans son appartement de la résidence Belle Paule dans le quartier de la Côte pavée pendant l'opération de police, il évoque "une personne normale comme n'importe qui dans la rue qui vous donnerait un coup de main pour monter un canapé. Ce n'est pas celui qui faisait le plus de bruit".

10H55 - Discours stigmatisants - Eva Joly reproche à Nicolas Sarkozy et Claude Guéant "des discours discriminants et stigmatisants". "Je pense que nous sortons d'une période de cinq années où on a monté les Français les uns contre les autres", ajoute la candidate écologiste à la présidentielle.

10H53 - LA MERE DU FORCENE, LE FRERE ET LA COMPAGNE DU FRERE SONT EN GARDE A VUE

10H52 - LE SUSPECT A ARRETE DE PARLER AUX POLICIERS - "Il ne parle plus, les conversations se sont interrompues", a dit Claude Guéant à la presse à Toulouse. Auparavant Mohammed Merah avait longuement expliqué aux policiers son itinéraire et dit "à plusieurs reprises" qu'il souhaitait se rendre.

10H44 - Délivrance - Devant le collège-lycée Ozar Hatorah à Toulouse, des parents d'élèves expriment leur "soulagement" et leur sentiment de "délivrance" de voir le suspect de la tuerie de lundi assiégé. "J'espère que cela va aller très vite maintenant, il est clair qu'il y aura un avant et un après", déclare au journaliste de l'AFP Gilles Ramel Sabine Lévy venue accompagner sa fille élève de 5e. "Les enfants avaient peur de revenir parce qu'ils craignaient que lui aussi revienne".

10H36 - Détour - Nicolas Sarkozy, qui se rend à Montauban aux obsèques des militaires tués, "passera par Toulouse" et "rencontrera les enquêteurs afin de les remercier", a annoncé Claude Guéant.

10H30 - Combat - "Nous espérons que le gouvernement français prendra les mesures nécessaires contre les auteurs de ces crimes et fera tout ce qui est en son pouvoir pour protéger les Juifs de France, pour combattre l'antisémitisme et ses chantres", déclare le ministre israélien de l'Intérieur Eli Yishai lors des funérailles à Jérusalem.

10H26 - "Offense" - Mohammed Moussaoui, président du Conseil français du culte musulman (CFCM), arrivé à l'Elysée avec le président du Crif Richard Prasquier, affirme que "les musulmans de France sont offensés par la revendication d'appartenance à l'islam" du suspect des meurtres de Montauban et Toulouse. "Ces actes sont en contradiction totale avec les fondements de cette religion".

10H23 - "Premier devoir" - "L'identification du criminel dégénéré qui nous défiait est une bonne nouvelle", déclare Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de Gauche. "Dorénavant, notre premier devoir est de lutter contre les assimilations et stigmatisations haineuses à qui cette situation pourrait servir de prétexte"

10H19 - "Minute par minute" - François Hollande "suit attentivement, minute par minute, l'opération en cours à Toulouse" indique à l'AFP Manuel Valls, son directeur de la communication, ajoutant qu'il "aura l'occasion de s'"exprimer dans la journée".

10H18 -Deuil - Des milliers de personnes endeuillées sont rassemblées au cimetière Givat Shaul de Jérusalem. Plusieurs personnalités prennent la parole, dont le président de la Knesset Reuven Rivlin, pour qui la tuerie de Toulouse a uni les communautés juives du monde entier.

10H17 - "Le sang de nos deux pays" - Alain Juppé, ministre des Affaires étrangères, souligne à Jérusalem que "d'une certaine manière, c'est le sang de nos deux pays qui a coulé à l'école Ozar Ha Torah". "Je suis venu ici au nom du président de la République et du gouvernement français pour partager la douleur des familles Monsonego et Sandler, si tragiquement éprouvées", a-t-il ajouté.

10H12 - Echange - Le suspect a demandé aux policiers "un moyen de communication avec la police", assure Claude Guéant, en précisant que le jeune homme l'a obtenu "contre un colt 45 qu'il a jeté par la fenêtre". "Il a certes jeté une arme par la fenêtre, mais il en a d'autres. Il a ce matin affirmé qu'il avait une kalachnikov, une petite mitraillette et également plusieurs armes de poing", ajoute le ministre de l'Intérieur.

10H05 - "Présumé coupable" - A propos de Mohamed Merah, le ministre de l'Intérieur parle de "présumé coupable" sur BFM-TV.

Revendication ?

10H00 - "Pas de stigmatisation" - Jean-Louis Borloo, président du Parti radical, souhaite que l'on évite "amalgames" et "stigmatisation". "L'acte terroriste d'un homme isolé n'est en aucun cas l'expression des membres de notre communauté nationale, quelles que soient leur origines et leurs religions". L'ancien ministre salue également l"'efficacité de la police nationale et le courage des forces de l'ordre, notamment des hommes du Raid".

09H52 - Détails - La journaliste de France 24 qui a reçu un appel de revendication dans la nuit explique à Nicolas Gaudichet, journaliste à l'AFP, que son interlocuteur lui avait donné des détails sur les meurtres. Parmi eux, le nombre de balles tirées et le type d'arme utilisé. "Il s'est dit affilié à Al-Qaïda, a dit que ce n'était que le début", "que tout était filmé" et "que ce serait sur la toile prochainement".

09H50 - Gêne - La détonation entendue près de l'immeuble où est retranché le suspect proviendrait de la simple destruction d'un véhicule présentant une gêne pour la police, selon une source proche de l'enquête.

09H44 - "Germes dans la société" - François Bayrou, candidat du MoDem, souligne sur France Info qu'il existe des "germes explosifs" dans la société française et les responsables politiques doivent veiller à ce que des "conflits" ou des "affrontements" extérieurs ne soient pas "importés" dans le pays. Il déplore en outre "la facilité avec laquelle on peut faire entrer par exemple des armes sur le territoire".

09H43 - Sanglots - Au moins 2.000 personnes assistent aux funérailles à Jérusalem des quatre victimes juives, constate le journaliste de l'AFP Michaël Blum, présent sur place. Il décrit les familles assises en face des quatre dépouilles et beaucoup de sanglots pendant que le rabbin lit des psaumes.

09H40 - LE SUSPECT DIT QU'IL SE RENDRA "DANS L'APRES-MIDI" - "Actuellement, il est en train de dialoguer avec un fonctionnaire de police et il dit, je ne sais pas si c'est la vérité, qu'il se rendra dans l'après-midi", a déclaré le ministre de l'Intérieur Claude Guéant à BFM-TV.

09H37 - Identification - Des sources proches de l'enquête révèlent que le suspect a été "identifié mardi" après des recoupements entre les éléments de renseignements et ceux de l'enquête de police. Deux "listes de suspects potentiels dans les deux pistes principales retenues, celle de l'ultra-droite radicale et celle de l'islamisme radical" avaient été établies.

09H36 - LE SUSPECT EST MOHAMED MERAH, 23 ANS, FRANCAIS D'ORIGINE ALGERIENNE -

09H34 - Deuil - Le président du Consistoire central israélite Joël Mergui, qui a accompagné en Israël les dépouilles des victimes et leurs familles à bord du vol d'El Al, a raconté une nuit "éprouvante, dans un avion totalement plongé dans le deuil". Selon lui, Claude Guéant lui-même a appelé les familles pour leur annoncer que le suspect était traqué par la police.

09H29 - Revendication - Une journaliste de France 24 a reçu un appel à 01H00 aujourd'hui d'un homme revendiquant les meurtres de Toulouse et Montauban. Il y a des éléments qui collent", "assez précis" même si "c'est encore à vérifier", a indiqué une source proche de l'enquête à l'AFP, précisant que l'appel avait duré "onze minutes".

09H28 - "Jamais signalé avant" - Gérard Longuet, ministre de la Défense, assure sur RTL que le suspect "ne s'était en rien signalé, d'une façon ou d'une autre" auparavant.

"Vivant"

09H25 - Déclaration - Nicolas Sarkozy fera une "déclaration à la presse" après le Conseil des ministres et sa rencontre prévue à 10H00 avec les représentants des communautés juive et musulmane.

09H21 - GUEANT VEUT INTERPELLER LE SUSPECT "VIVANT" - "Notre souci principal, c'est de l'interpeller et de l'interpeller dans des conditions telles que nous puissions le présenter à la justice", a dit le ministre de l'Intérieur. Notre souci, c'est bien sûr de l'interpeller vivant. Il y va du bon fonctionnement de la justice. C'est un impératif pour nous"

09H20 - DEBUT DES FUNERAILLES A JERUSALEM DES VICTIMES DE LA TUERIE DE TOULOUSE - Un millier de personnes sont présentes, constate un correspondant de l'AFP, au cimetière de Har Harmenouhot (Mont du repos), le plus grand cimetière de la ville, dans le quartier de Givat Shaoul.

09H18 - UNE DETONATION ENTENDUE PRES DE L'IMMEUBLE OU LE SUSPECT EST RETRANCHE - "On a entendu un gros boum", a expliqué le photographe de l'AFP Eric Cabanis, qui se trouvait à une centaine de mètres de l'immeuble cerné par le Raid.

09H13 - Rapatriement - "C'était un voyage très éprouvant", a dit Alain Juppé au président israélien Shimon Peres lors d'une brève rencontre à Jérusalem, selon le photographe de l'AFP Jack Guez. Le ministre des Affaires étrangères était dans l'avion transportant les corps, avec les familles des victimes.

09H04 - Guerre - "Le risque fondamentaliste a été sous-estimé dans notre pays", estime Marine Le Pen, pour qui "des groupes politico-religieux se développent face à un certain laxisme". "Il faut maintenant mener cette guerre contre des groupes politico-religieux fondamentalistes", ajoute-t-elle sur i-TELE.

08H59 - Le suspect ne veut pas se rendre - "Il semblerait" que le suspect "ne veuille pas se rendre", affirme le secrétaire général du Crif Midi-Pyrénées Marc Sztulman, sur place, qui vient de s'entretenir avec Claude Guéant, selon Alix Rijckaert, journaliste de l'AFP sur place.

08H53 - Qui vive - Nicolas Sarkozy a été en contact toute la nuit avec son ministre de l'Intérieur, sur le terrain à Toulouse, annonce l'Elysée. Le président doit présider le Conseil des ministres avant de se rendre à Montauban pour les obsèques de trois militaires tués par le "tueur au sccoter".

08H48 - "Pas d'amalgame" - Dalil Boubakeur, recteur de la Grande mosquée de Paris, estime sur iTélé qu'il ne faut "pas faire d'amalgame entre la religion musulmane à 99% pacifique, citoyenne, responsable, non violente et tout à fait intégrée dans notre pays et puis ces mini-petites franges de gens décidés à faire un mal atroce".

08H42 - Petits cercueils - La presse israélienne consacre l'essentiel de ses Unes à l'arrivée des dépouilles des victimes de la tuerie, publiant pour la plupart la photo des quatre cercueils à leur arrivée à l'aéroport Ben Gourion. "Triste retour à la maison", titre Yediot Aharonot en Une. "Trois petits cercueils", ajoute Israël Hayom.

08H37 - Préparatifs - Les corps des quatre victimes juives arrivées en Israël tôt ce matin ont été préparées en vertu du rite juif pour leur inhumation, a constaté le photographe de l'AFP Ahmad Gharabli. Ils ont été enveloppés dans un tissu traditionnel bleu et blanc pour le rabbin et ses deux fils, dans un linceul bleu marine brodé de l'étoile de David pour la petite fille.

08H29 - Enquête minutieuse - Gérard Longuet assure sur RTL que "20.000 dossiers de soldats" ont été examinés. "La première idée était: peut-être une vengeance, peut-être une rancune. Les informations liées au jihad ont été également épluchées", précise le ministre de la Défense pour qui des morts n'auraient pas pu être évitées "sauf à transformer la France en Etat policier".

08H26 - Précédent - Le suspect a déjà été arrêté à Kandahar, en Afghanistan, pour des faits de droit commun, affirme à l'AFP une source proche de l'enquête confirmant une information d'Europe 1.

08H20 - "Terroriste" - Présent non loin des lieux de la traque, le secrétaire général du Crif Midi-Pyrénées, Marc Sztulman, parle d'"un immense soulagement pas seulement pour notre communauté mais pour l'ensemble des Toulousains et les enfants qui n'auront plus peur de se promener dans la ville". "Le crime n'est pas resté impuni. Ce terroriste là ne sévira plus", ajoute-t-il avant de s'éloigner pour s'entretenir avec Claude Guéant.

08H14 - Soulagement - "Soulagement ce matin de savoir ce tueur terroriste identifié et cerné. Félicitations à nos forces de sécurité", déclare Nadine Morano, ministre UMP, ajoutant: "les enfants sont toujours des victimes innocentes, vouloir venger des enfants palestiniens en assassinant des enfants juifs c'est ignoble".

"C'est bluffant de savoir qu'il était à côté"

07h59 - Plus de démocratie -"La haine intégriste et antisémite a tué à Toulouse et Montauban. À ceux qui veulent tuer la démocratie, il faut répondre par plus de démocratie", affirme David Assouline, sénateur de Paris et secrétaire national à la communication et à la mobilisation au Parti Socialiste.

07H58 - Petite annonce - Un rendez-vous donné à la première victime en réponse à une petite annonce diffusée sur internet, pour la vente d'une moto, figurait parmi les pistes examinées par la police. Habillé en civil, le parachutiste Imad Ibn Ziaten, 30 ans, avait été tué d'une balle dans la tête le 11 mars à Toulouse.

07H57 - Adresse IP - L'enquête ayant permis de remonter au suspect des tueries de Montauban et de Toulouse a connu un coup d'accélérateur quand les policiers ont identifié l'adresse IP de son frère, selon des sources proches de l'enquête.

07H49 - "Défaire le traqueur" - Quand ils ont su que le tueur se déplaçait sur un puissant scooter TMax 530, les enquêteurs se sont rendus dans une concession Yamaha de la région. Ils ont appris que quelques jours plus tôt, "quelqu'un était venu pour demander comment défaire le traqueur", une puce permettant de géolocaliser l'engin en cas de vol, indique une source proche de l'enquête.

07H23 - Collimateur - Le suspect "était dans le collimateur de la DCRI (la Direction centrale du renseignement intérieur), comme d'autres, depuis les deux premiers attentats" de Montauban et Toulouse ayant visé des militaires, indique une source proche de l'enquête. "La police judiciaire a alors apporté un élément très précieux qui a boosté l'enquête", précise la même source.

07H19 - Surréaliste - "C'est bluffant de savoir qu'il était à côté, peut-être je l'ai croisé, peut-être je lui ai dit bonjour, c'est complètement surréaliste", confie Julie Verdier, 24 ans étudiante en art, capuche sur la tête pour se protéger de la pluie fine.

07H17 - Inimaginable - "Pour moi c'était inimaginable de penser qu'il était dans le quartier. J'ai entendu des échanges de coups de feu et tout de suite j'ai pensé au tueur en série", raconte Roland, 55 ans, qui vient de sortir du périmètre de sécurité pour partir au travail.

07H15 - Coups de feu - Les voisins du suspect, choqués, racontent comment, brutalement réveillés par des coups de feu vers 03H00 cette nuit, ils ont tout de suite compris le lien avec les tueries de Montauban et de Toulouse.

07H12 - Discussions - Des discussions sont en cours avec l'homme retranché au premier étage d'un petit immeuble, dans un quartier pavillonnaire de Toulouse, pour le convaincre de se rendre, indique le ministre de l'Intérieur, précisant que deux policiers du Raid ont été légèrement blessés au cours de l'intervention.

07H06 - Vengeance - L'homme de 23 ans soupçonné d'être l'auteur des tueries récentes dans la région se revendique d'Al-Qaïda: il dit "être un moudjahidine" et "avoir voulu venger les enfants palestiniens", révèle Claude Guéant.

06H55 - Interpellation - Le frère du suspect des tueries de Montauban et Toulouse a été interpellé, déclare le ministre de l'Intérieur Claude Guéant, sur place à Toulouse, ajoutant qu'en matière d'enquêtes judiciaires, des "vérifications" sont systématiquement faites.

(D’après AFP)


 

Le nouveau scénario du 14 janvier tel que présenté par Ali Seriati

 


Et voilà qu’Ali Seriati nous sort une nouvelle version du 14 janvier 2011, dans laquelle il aurait été à l’origine de l’application de l’article 56 car en ayant donné l’ordre à Sik Salem qui, rappelons-le, s’était dit à l’origine de cette sortie provisoire, en l’absence de tout ordre émanant de sa hiérarchie.

D’un autre côté, le voilà se cherchant une justification à ses décisions prétendues dans le désir de mettre en échec une option sahélienne du pouvoir. La contradiction est à la limite du ridicule et, semble-t-il, c’est n’est pas de sitôt qu’Ali Seriati arrêtera de jouer avec l’Histoire, cherchant à y trouver une quelconque issue à la mesure de son ambition et de sa volonté de puissance. Car Sériati a-t-il oublié que si ses propos sont vrais, cela veut dire qu’il ne savait pas que Mohamed Ghannouchi est Sahélien !

Les affirmations de Seriati dans le procès des martyrs, bien que n’ayant aucun rapport au procès, n’ont pas manqué, à mots à peine découverts, de faire les yeux doux à certains symboles du pouvoir actuel. A-t-il reçu, lui aussi comme le profanateur du drapeau national, une invitation à se ranger pour qu’on puisse lui trouver une issue favorable ? Ou s’est-il décidé à se construire une nouvelle image d’un héros national ?

Apparemment, la vérité sur ce qui s’est passé le 14 janvier 2011 n’est pas près de livrer toutes ses péripéties. En attendant, occupons-nous au moins à remettre le pays sur les rails car à la fin, l’Histoire s’écrira d’elle-même malgré nous, avec ou sans nous.

S.A.

 

Si Lahbib réveillez-vous, ils sont devenus fous !

 


On l’a compris, j’espère, « Si Lahbib » est bien le bâtisseur de la Tunisie moderne, feu Habib Bourguiba, Dieu ait son âme, lui pardonne ses fautes et le récompense de tout ce qu’il a fait de bon pour ma patrie ! Allahomma Amin !

Je n’ai pas été bourguibiste du règne de Bourguiba ; mais au fond de moi, je me suis toujours senti bourguibien, car, de quelque point de vue que je considère l’Histoire, et avec tout le respect des critiques respectables qui peuvent très justement lui être faites (Il était homme et rien d’humain ne lui était étranger !),  je ne trouve en lui que les traits du génie qui fait les grands hommes, sans commune mesure avec les petitesses de ses détracteurs dont plusieurs se prennent pour des sains ou des héros des dernières heures.

Le plus curieux dans la situation, c’est que ces détracteurs sont son propre produit, qu’ils le veuillent ou pas et rien que pour cela, ils devraient lui être reconnaissant ou au moins lui devoir du respect, dans les règles de la bonne éthique qui impose le respect à toute forme de lutte sincère, dût-elle parfois s’avérer mal choisie par erreur d’appréciation. Il suffirait pour cela d’avoir l’honnêteté de (se) l’avouer.

En tout cas, moi, je suis à la fois en devoir et dans la fierté de me reconnaître de ce pays qu’il a tant chéri à avoir voulu en faire presque son produit : ce fut un excès déplorable, mais il n’en est pas moins pardonnable. Ne lui avait-il pas voué toute sa vie et sacrifié toute autre chose ? Oui, ce pays a été pour lui l’ambition avec laquelle son être et son action se sont confondus, comment donc, à la fin de sa vie, ne serait-il pas tenté par quelque idée folle qui le ferait tenir à son pays, à sa façon, comme à un enfant chéri ? L’erreur était de ceux qui l’avaient laissé faire, car on n’a toujours que les gouvernants qu’on mérite.

Ainsi, je veux faire la part de l’homme, avec ses défaillances, et celle du symbole d’un modèle de société pleinement inscrite dans la logique de la modernité, sans renoncement à ce qui est essentiel dans son identité. Si le premier a droit à notre clémence, le second est digne de notre respect et notre reconnaissance.

En effet, à faire le bilan de l’homme, il n’y a que les aveugles ou les ingrats pour ne pas reconnaître son mérite. Bourguiba, sans doute par son génie propre mais surtout par l’appui de tous ses compagnons de lutte et sincères collaborateurs,  a vu juste en optant pour le Code du Statut Personnel avant la République même, car il savait que, sans la moitié de la société, il n’y avait pas de république. Il a instauré la République et l’a dotée d’une des constitutions les plus modernes en son temps ; malheureusement, affaibli et en manque de lucidité, il a été lui-même amené à manquer au respect dû à l’intégrité de la République et de la Constitution, ouvrant ainsi la voie au dérapage politique qui a pu s’infiltrer par cette faille pour faire ses ravages à chaque fois que les conditions lui étaient propices.

Toutefois, la solide assise d’un Etat moderne, Bourguiba et les siens l’ont faite d’abord du social intégral : démocratisation de l’enseignement gratuit, grande étendue de la politique sanitaire, planning familial, un noyau non négligeable d’un tissu industriel fiable et une diplomatie légaliste et pacifiste qui a permis à la Tunisie de cumuler un capital de confiance lui valant respect et crédibilité, un demi-siècle durant. Rien que cela est fort louable ! Gare à l’ignominie donc de venir aujourd’hui déverser sur Bourguiba les défaillances des autres parties impliquées dans le sort du pays!

Aujourd’hui, à voir comment les choses évoluent, j’ai bien peur pour les acquis réalisés par les bâtisseurs de notre Patrie. J’entends déjà nier la république et vouloir passer pour ses bâtisseurs ! J’entends même contester la légitimité de Bourguiba et je me demande alors si de tels propos ne sont l’effet d’un quelconque dérèglement ou de quelque maladie ! J’apprends qu’un prétendu fin connaisseur de poésie veut nous changer notre hymne national ! Et de fil en aiguille, on en arrive à bafouer le drapeau national, au vu et au su des autorités qui ont la responsabilité de sa protection, en passant par tous les prêches qui viennent nous apprendre à tordre le cou à la raison, au nom même de la religion la plus rationnelle, celle-là même qui a nourri nos cœurs et nos esprits, ainsi que ceux de nos parents, de l’amour gratuit et sincère voué au Créateur et à son prophète !

Tout pousse à croire que, contrairement aux raisons mêmes qui ont poussé une saine jeunesse de la Tunisie à conduire le soulèvement ayant pour but de redresser une situation défectueuse, c’est plutôt un dérèglement certain qui en train de s’instaurer dont tout le monde est en partie responsable, moi-même autant que les autres. Je me souviens alors d’un film datant d’un tiers de siècle qui finissait par une phrase que je parodie en ces termes : « Si Lahbib réveillez-vous ; ils sont devenus fous ! »

Mansour M’henni

(Blog de l’auteur : http://lerespect.unblog.fr/)

 

Monsieur le Président, n’y a-t-il pas erreur sur la fonction ?


Monsieur le Président, je ne doute pas un seul instant de la valeur qu’a pour vous le drapeau national, ni d’ailleurs du sentiment d’indignation au moins qu’a suscité en vous l’acte criminel d’individus irresponsables pour lesquels la patrie entière ne vaut que peu de chose devant des idées saugrenues n’ayant nul trait à l’éthique noble et humaniste de notre religion.

Cependant, ce qui m’a surpris, c’est le communiqué publié par la présidence de la République qualifiant l’offense envers le drapeau national d’acte lâche et condamnable portant atteinte « à l’un des symboles nationaux et à la conscience citoyenne ». De plus, il appelle « les autorités sécuritaires et judiciaires à réagir face à cet incident avec le plus haut degré de rigueur, de fermeté et de force ».

Je crois savoir, Monsieur le Président, que la présidence n’est ni un parti politique, ni une organisation nationale, ni encore une association pour se contenter d’un communiqué de condamnation. La présidence a la première responsabilité du drapeau qu’elle est censée protéger, honorer et glorifier, car, ce faisant, elle protège (au moins symboliquement) la patrie et ses citoyens, les honore et les glorifie. Elle n’attend pas que d’autres instances s’en occupent parce que sur ce plan, il n’y a ni limitation des pouvoirs, ni réduction des prérogatives.

Evidemment, vous me direz que c’est la justice qui fera son travail, ce qui est chose normale et régulière. Mais ce qui manque à la situation, à mon avis, c’est le geste symbolique qui montre que la présidence est la première instance responsable du drapeau, tout autant qu’elle l’est de l’intégrité du territoire. Ainsi, il aurait fallu, au moins, que la présidence elle-même porte plainte contre les auteurs du crime en question et qu’elle charge les meilleurs avocats de la défense de sa cause.

En attendant, les responsables de la Facultés des Lettres, des Arts et des Humanités, ainsi que nos collègues et nos étudiants, dont les conditions commencent à préoccuper la présidence, continueront, en bons citoyens conscients et patriotes, de résister à la violence qui menace le civisme de notre pays et l’équilibre de notre société.

Finalement, j’espère que cet article ne sera pas pris pour une incitation à la violence ou comme un cri de guerre, voire même pour un complot ourdi par les restes de l’ancien régime (pour moi, il n’y en a plus, sauf le respect de ceux qui croient le contraire) : je voudrais seulement comprendre la vraie responsabilité de la présidence à l’égard du drapeau national. En tout cas les propos du porte-parole de la présidence sur la TV nationale ne semblent pas avoir convaincu.

Mansour M’henni

L’héritage de Bourguiba et la révolution

 


Après avoir été occultée tout au long des vingt trois années du pouvoir de Ben Ali, la mémoire du Zaïm Habib Bourguiba  a ressuscité avec force et insistance  dans le sillage de la révolution, éveillant  les sentiments les plus contradictoires.

Sentiment d’admiration que lui voue  une  large majorité de Tunisiens qui reconnaissent en lui le grand stratège et militant de notre indépendance nationale, l’homme d’Etat doué et charismatique qui a joué un rôle déterminant  dans l’édification de  l’Etat tunisien moderne sur des bases souveraines et  républicaines. Bourguiba, c’est aussi le promoteur de l’émancipation de la femme, de la généralisation de l’enseignement et l’initiateur des progrès indéniables  réalisés par notre pays en matière de développement socio-économique au cours des trois premières décennies de l’indépendance.

Aujourd’hui, plusieurs mouvements politiques et organisations de la société civile se réclament de son héritage et de ses idées, des livres et des pièces de théâtre à succès lui sont consacrés,  et l’on voit des séquences de ses brillants discours et de ses photos choisies rediffusées de manière récurrente et  à grande échelle à travers les réseaux sociaux.

Mais, l’après-révolution semble avoir aussi déchainé  les détracteurs de Bourguiba, qui ne manquent pas une occasion pour nier ses mérites en  l’accusant d’avoir été un valet de l’Occident,  qui a tout fait pour éliminer ses compagnons de lutte, gommer l’identité arabo-musulmane du pays, favoriser le régionalisme, et last but not least, façonner un  régime politique taillé à sa mesure ayant abouti à la dictature.

En réalité, la teneur et les enjeux du débat autour de Bourguiba, aujourd’hui ressuscité, dépassent de loin les sentiments d’amour ou de haine, d’attachement ou de vengeance que les gens éprouvent- à titre posthume- à l’égard de la personne. En invoquant avec cette insistance Bourguiba dans ce tournant historique, les Tunisiens semblent s’interroger avant tout, sur la place que devrait occuper  son héritage dans la Tunisie postrévolutionnaire: sa conception de la Tunisie en tant que nation, sa vision de ses rapports avec le monde proche ou lointain, ses idées maitresses en matière de stratégie politique, le modèle sociétal et culturel qu’il a instauré dans le pays, et tous les fondamentaux de son héritage qui a profondément et durablement marqué la personnalité de la Tunisie en tant que nation, et celle des Tunisiens toutes couches, générations et catégories confondues.

En ce moment d’incertitudes et de grands questionnements, ce  ne sont ni la nostalgie, l’adulation ou la haine qui poussent les Tunisiens à interpeler la mémoire de Bourguiba, mais plutôt leur besoin légitime et justifié de puiser, pour préparer leur devenir, dans l’une des sources les plus riches et les plus discutées de leur histoire récente.

Et ils n’auront pas tort de le faire.

Boubaker Ben Fraj

 

A l’attention de l’ISIE, sans hypocrisie

 


Voilà quelques semaines que l’ISIE appelle au secours, avec très peu d’impact, il faut l’avouer, à la fois sur les autorités officielles qui semblent chercher à s’acquitter d’un acte de courtoisie, rien de plus, ni dans l’intention d’agir ni dans les déclarations ou propos d’usage, mais aussi sur les citoyens qui, il faut bien le dire, paraissent en proie à un scepticisme dont il conviendrait de chercher les raisons. Un dernier appel aurait été lancé à la direction de la société civile pour lui demander son soutien, ce qui pourrait se faire plus facilement.

Il est évident que ce qui est écrit ici n’affecte en rien l’engagement patriotique des membres de cette instance, particulièrement sur président, le militant Kamel Jendoubi, ni la bonne volonte dont ils ont fait preuve pour assurer à la tunisie un des actes, et non des moindres, nécessaire à la transition démocratique qu’elle est impatiente de réussir pour assurer un tournant heureux dans son Histoire. Il s’agit en fait de quelques réflexions, non dépourvues de certaines critiques, que je voulais écrire depuis un certain temps déjà, me retenant à la dernière minute de peur d’être injuste à l’égard d’une structure citoyenne qui concrétise à mon sens un ensemble de valeurs et qui devait à mon avis permettre de cristalliser des mécanismes tous aussi fondamentaux, valeurs et mécanismes, dans l’entreprise d’édification d’une vraie société démocratique, sûre dans sa marche et fière de son ambition moderniste, car, quoi qu’on en dise, la démocratie est un fait de modernité.

Je crois que l’ISIE, comme certains partis politiques, comme la troïka elle-même, est en train de faire les frais de certaines concessions et de certains silences complices sur des infractions auxquelles il aurait fallu s’opposer dès le début.

Nous avons attiré l’attention sur le fait que la plupart des bureaux d’inscription sur les listes électorales étaient franchement partisans et délibérément harcelants pour certains citoyens, tel cela a été dénigré par exemple par certains citoyens résidant à l’étranger avant de finir à la bouche d’une grande part des électeurs du territoire national. Mais rien n’a été entrepris.

L’Isie est entrée par la suite dans un bras de fer avec certains partis qui s’étaient sentis particulièrement visés en raison d’un sentiment de traitement au « deux poids-deux mesures », faisant la sourde oreille sur les infractions de certains et contestant aux autres ce qu’ils croient être leur droit. On se souvient de la polémique sur l’argent politique, une polémique qui ne va sûrement pas d’ailleurs pour sa conclusion finale.

Après, avec les élections, c’est le tour des six mille infractions reconnues officiellement, à part celles non déclarées, le tour aussi des hésitations, des contradictions même sur les résultats dans lesquel le doute s’est emparé du sentiment des citoyens qui commençait à parler de manipulation et qui se mettait à dévoiler à petites doses, sans affronter le problème en face, d’une majorité partisane dans les centres de tri des voix où certaines personnes se permettaient d’ajouter une croix sur certains bulletins de vote indésirables pour les transformer en bulletins nuls.

Donc la fin de mission de l’ISIE se déroulait sur ce spectacle pathétique d’une instance démunie de toute prérogative, mais gonflée de propos élogieux d’un côté comme de l’autre du pouvoir, celui sortant qui se vantait d’une réalisation historique (ce qui est le cas même avec ce qui s’écrit ici et avec ce qui n’y est pas, comme ce président de bureau de vote à Paris qui a trouvé bon de rentrer chez lui avec les urnes pour les rapporter le lendemain), et celui rentrant qui avait besoin de caresser dans le sens du poil pour consacrer sa propre légitimité déjà relativement mise en doute par certains.

On comprend pourquoi aujourd’hui, malgré les déclarations officielles, presque personne n’est inconditionnellement enthousiaste pour l’ISIE : les uns se sentant « lâchés » par elle au moment où ils lui avaient pleinement confiance ; les autres, sachant qu’ils en avaient facilement abusé et conscients de sa fragilité, ne voudraient plus mettre leur destin entre ses mains de peur de la voir céder à d’autres comme elle leur a cédé sur certains points, à moins qu’ils n’aient l’assurance de pouvoir au besoin tirer profit de ses faveurs.

Au fait, même ceux qui ont manifesté pour se faire embaucher dans cette instance pour « services rendus », pourtant bien payés pour cela, ces gens-là n’ont pas trouvé un appui sincère à leur demande d’intégration (totalement irrégulière du point de vue légal et administratif) parce que cela sentait le bricolage du fonctionnement pour privilégier des gens recrutés d’une façon totalement à revoir si l’ISIE devait renaître, autrement, et recruter de façon permanente.

Je pense que l’ISIE est à « reconstruire » solidement, dans tous les sens et avec toutes les étapes de la reconstruction, avec surtout les garanties institutionnelles de sa transparence et de sa neutralité. Avec aussi les garanties d’un conseil d’administration capable de prendre fermement les décisions qui se doivent pour faire obstacle à toute manipulation et à toute infraction, plutôt qu’exhiber une grève de la fin parce que quelqu’un a refusé de se conformer à l’une de ses injonctions (heureusement que cette attitude est restée isolée, mais elle ne dénote pas moins de la nécessité de revoir les conditions d’appartenance à cette instance).

Ahmed Gacem

 

Plutôt que le populisme… l’efficacité : De la bonne gestion du sentiment populaire de solidarité

 


Il est historiquement prouvé que les Tunisiens sont l’un des peuples les plus sensibles et les plus engagés dans l’éthique de solidarité. Ils l’ont prouvé à la naissance de l’Etat national, au moins dans le cadre de l’Union de solidarité nationale ; ils l’ont prouvé sous le régime Ben Ali par leur appui au Fonds de solidarité nationale, dit Fonds 26-26 ; ils l’ont prouvé lors des grandes catastrophes naturelles ou autres dans des pays frères ou amis ; ils l’ont prouvé lors des derniers événements en Libye (qu’il conviendrait de nommer « la Guerre de Libye », plutôt que le « Révolution libyenne », au vu de la manière dont la situattion semble se conclure ou se compliquer) ; ils le prouvent encore aujourd’hui à l’occasion de la vague de froid qui donne l’air d’un épilogue difficile pour le « printemps arabe ».

Les Tunisiens se mobilisent en masse, à titre individuel ou familial, dans le cadre associatif, syndical ou institutionnel, pour porter ou faire parvenir leurs dons à leurs concitoyens du Nord-Ouest, affrontant l’incertitude du chemin et l’épreuve du déplacement par ces conditions.
Pourtant, l’idéal, c’était de mieux s’organiser de façon à mettre en place des structures de relais qui réduiraient le mouvement encombrant, par moments de travaux de dégagement des voies de circulation, et l’afflence d’une population qui multiplierait l’exigence de sécurisation et de gestion.

Répondant à la question sur leur obstination à aller remettre personnellement, directement, leur dons aux citoyens sinistrés ou nécessiteux, certaines gens ont expliqué cela par leur détermination à voir arriver à bonne destination les aides mises à la disposition. A ce point nos frères n’ont plus confiance dans les structures humanitaires ?

Oui, diraient certains, car la mafia de l’ancien régime leur a ôté toute confiance dans ces structures ! Il y a peut-être quelque chose de vrai dans cela ; mais on ne peut, à cette occasion, la mobilisation de plusieurs partis politiques, pendant le précédente période de transition, pour diaboliser le 26-26 et l’accuser de tous les torts, gaspillant ainsi tout le capital de confiance que le citoyen pouvait avoir dans les structures de l’Etat ou de la société civile : un capital dont ils vont avoir grand besoin maintenant que ces chauffeurs (dans les deux sens) des passions populaires ont les rênes du pouvoir.

Car, hier, afin de provoquer un procès contre cette instance de solidarité qu’il était dangereux d’exposer à la vindicte publique, on avait même engagé, poussé ou suggéré à des avocats, toujours prêts pour ce genre de mission, fût-ce pour porter plainte contre l’utilisation (pourtant fort justifiée) d’un terme de désignation (fort propre) des instances actuelles du pouvoir.

Or, voilà qu’une source judicière digne de foi (mais tenant à l’anonymat) nous apprend que les investigations concernants le 26-26 n’ont laissé paraître aucune infraction. Quel dommage alors, pour ce capital de canfiance abusivement fragilisé, pour des comportements frivoles qui, par un populisme immodéré, sont capables de mettre le feu à toutes nos valeurs. C’est pour cela qu’il est de notre droit aujourd’hui de revendiquer que la lumière soit jetée sur cette affaire, en toute transparence et en toute indépendance de la justice, afin que soit rétablie la confiance citoyenne dans les structures de solidarité. Cela me rappelle ceux-là qui, les premiers mois de la révolution, sur les ondes et à l’écran, répétaient à l’envi, que « toute la Tunisie étaient pourrie, de Bizerte à Ben Guerdane » !!!

Non, nos semblables, nos frères en Tunisianité, Notre patrie est bien plus noble et bien plus propre et la corruption n’y est qu’un fait de bande ou d’exception. Sachez seulement qu’in faut beaucoup d’amour pour faire une patrie et qu’à la fin, la haine, ne détruit que ses instigateurs.

Ahmed Gacem

 

Ce qui s’est passé en Egypte a toutes les raisons de nous inquiéter

 


Deux très mauvaises nouvelles nous sont venues d'Egypte, dernièrement, et  m'ont totalement bouleversé. La première est le drame du stade de Port-Said, 75 supporters morts et des centaines de blessés, tous des jeunes, à l'occasion d'un match de foot, une véritable hécatombe qui n'est pas isolée de toutes les manipulations et manoeuvres politiques qui se déroulent pour semer davantage de confusion et d'anarchie dans ce pays afin de le mettre à genoux, et surtout pour discréditer la révolution qu'il vient d'entamer. Qui est derrière ce drame machiavélique et au profit de qui? Des questions que tout le monde se pose sûrement, excepté les auteurs de la catastrophe et leurs complices dans le crime.

La deuxième nouvelle, que je considère aussi grave par sa signification et sa portée, est la condamnation du grand artiste Adel Imam à trois mois de prison pour le motif de "diffamation à l'encontre de l'Islam". Cette affaire n'augure rien de bon, ni pour l'Egypte, ni pour tous les pays où les Islamistes ont pris les commandes de l'Etat dans le sillage du"Printemps Arabe". S'il est vrai que Adel Imam s'est attaqué dans son oeuvre remarquable à l’obscurantisme des courants islamistes rétrogrades, il n'a jamais diffamé l'Islam en tant que religion, bien au contraire. Le procès de Adel Imam est-il l'annonce d'une nouvelle ère d'inquisition contre la liberté de création. Il y a incontestablement des raisons sérieuses de s'inquièter.

Au fait, à propos de Adel Imam, je l’imagine nous répéter les propos de Molière sur sa pièce Tartuffe et sur ses détracteurs, en voici un extrait à méditer, car de toute actualité :

"Voici une comédie dont on a fait beaucoup de bruit, qui a été, longtemps persécutée ; et les gens qu’elle joue ont bien fait voir qu’ils étaient plus puissants […] que tous ceux que j’ai joués jusques ici. [...] Les Hypocrites n’ont point entendu raillerie ; ils se sont effarouchés d’abord, et ont trouvé étrange que j’eusse la hardiesse de jouer leurs grimaces et de vouloir décrier un métier dont tant d’honnêtes gens se mêlent. C’est un crime qu’ils ne sauraient me pardonner ; et ils se sont tous armés contre ma comédie avec une fureur épouvantable. Ils n’ont eu garde de l’attaquer par le côté qui les a blessés : ils sont trop politiques pour cela et savent trop bien vivre pour découvrir le fond de leur âme. Suivant leur louable coutume, ils ont couvert leurs intérêts de la cause de Dieu […]. je me soucierais fort peu de tout ce qu’ils peuvent dire n’était l’artifice qu’ils ont de me faire des ennemis que je respecte, et de jeter dans leur parti de véritables gens de bien, dont ils préviennent la bonne foi et qui, par la chaleur qu’ils ont pour les intérêts du Ciel, sont faciles à recevoir les impressions qu’on veut leur donner. »

Boubaker Ben Fraj

 

R. Ghannouchi entre la naturalisation des relations avec Israël et sa criminalisation

 

 

 

Pendant qu’une association organisait une rencontre sur la nécessité d’inscrire dans la nouvelle constitution un article criminalisant toute tendance à naturaliser les relations avec Israël, Cheikh Rached Ghannouchi a donné une déclaration à la Radio israélienne, en marge des travaux du Forum économique de Davos qui l’a invité en Suisse en tant que « président de parti politique ». Il a affirmé que « l’avenir des relations de la Tunisie avec Israël dépendra de l’aboutissement à une solution de la question palestinienne ».

Deux remarques s’imposent ici. D’abord que la déclaration du Cheikh coïncide parfaitement avec la position de la Tunisie sous le régime Ben Ali et qu’elle exprime une attitude réaliste rattachant la normalisation à l’adhésion sincère et efficace au processus de paix avec les Palestiniens qui, rappelons-le, n’ont presque jamais totalement rompu le fil du dialogue avec leur ennemi d’aujourd’hui, qui pourrait demain devenir un partenaire, ne fois satisfaites les conditions requises. C’est donc un point à l’actif du premier homme d’Ennahdha.

De l’autre côté, cette déclaration souligne, indirectement, le caractère on ne peut plus irraisonné de la revendication de l’Association pour la lutte contre la naturalisation avec Israël, celle d’inscrire la criminalisation d’une telle attitude dans la Constitution. De grâce, nous sommes en train d’élaborer une Constitution tunisienne et celle-ci se doit de contenir des principes généraux, comme le soutien des causes justes et de la lutte pour l’indépendance et la liberté. Autrement, imaginez que quelques jours après l’adoption de notre Constitution, les deux états en conflit parviennent à une solution entre eux, avec ou sans intermédiaire ; il nous faudra alors réviser notre constitution. Et puis, si quelques mois plus tard, un conflit réapparaît entre eux, il nous faut donc une autre révision de la Constitution.

De grâce, un peu de sérieux et un peu de bon sens ! Cessons surtout ces enchères sur la question palestinienne dont les Palestiniens connaissent mieux les tenants et les aboutissants. Soyons disponibles pour leur apporter, à chaque fois que nécessaire, le soutien et l’appui qui se doit, en dehors de tout calcul politique interne qui ne doit se jouer qu’à coup d’arguments de développement lié à la Tunisie et à la gestion de ses problèmes les plus brûlants.

D’ailleurs nos frères Palestiniens sont assez raisonnables pour ne pas attendre de nous une telle difformité dans notre constitution naissante.

 

Ahmed Gacem

 

 

Quel est le mouvement politique tunisien le plus nuisible à la transition démocratique pacifique en Tunisie